La Croix-Rouge avait recensé plus de 630 victimes
Nigeria: Les affrontements ont fait plus de 200 morts selon le gouvernement
Lagos, 11 mai 2004 (Apic) Plus de 200 morts selon le gouvernement nigérian, 630 selon la Croix-Rouge locale, 67 selon les premiers chiffres officiels: difficile de voir clair sur l’ampleur des affrontements du 2 mai dans l’Etat du Plateau.
Des groupes armés appartenant à une ethnie de cultivateurs chrétiens (Tarok) s’en était pris à des pasteurs nomades musulmans (Fulani). Il s’en est suivi un affrontement sanglant dont le nombre de morts a été fixé à plus de 200 par une mission gouvernementale nigériane envoyée sur place. Ce chiffre, rapporté par l’agence d’information religieuse Misna, a été énoncé le 11 mai par le porte-parole de l’Agence pour la gestion des urgences nationales, Ibrahim Farinloye.
Un délégué de la Croix-Rouge sur la base d’un récent décompte effectué à partir d’un charnier, avait pourtant affirmé que la tuerie avait fait au moins 630 victimes.
Tarok et Fulani: une histoire sanglante
Selon la reconstruction effectuée sur la base du témoignage du curé de Yelwa, les affrontements ont débuté le dimanche 2 mai dans la matinée, lorsqu’un groupe de jeunes Fulani armés est entré dans un petit village voisin, majoritairement peuplé de Tarok. A leur arrivée les pasteurs se sont rendus dans une des églises et ont fait retentir la cloche pour appeler les fidèles à se rassembler: les Tarok à peine sortis de leurs habitations ont été immédiatement victimes des coups de feu tirés par les Fulani. Rejetés du village, ces derniers se sont retirés à Yelwa, poursuivis par un groupe de Tarok en colère qui n’attendaient qu’une chose: reprendre leur attaque contre Yelwa d’où ils avaient été chassés il y a quelques mois suite à de sanglants affrontements contre les Fulani.
Pendant ces trois derniers mois seulement les luttes entre les Tarok et les Fulani dans la zone de Yelwa ont causé plus de 400 victimes. Depuis 1999 – année de la venue au pouvoir de l’actuel président Olusegun Obasanjo, qui a mis fin à 15 années de gouvernements militaires – ce sont plus de 10’000 personnes qui ont été tuées dans tout le pays dans des affrontements ethniques, religieux et politiques: des causes qui se recoupent fréquemment, créant un mélange hautement explosif. (apic/misna/bb)



