Prêtres et religieux sont régulièrement victimes d’enlèvement de la part de bandes criminelles au Nigeria | © cathédrale d'Abuja:moises.on/Flickr/CC BY 2.0)
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Nigeria: les enlèvements de prêtres se multiplient

Au Nigeria, les prêtres font régulièrement l’objet d’enlèvement. Un phénomène »qui a atteint des proportions inimaginables» et dont le Père Christopher Ogaga a été victime, le 1er septembre 2018.

Le père Christopher Ogaga, curé de la paroisse de l’Emmanuel à Oviri-Okpe, dans le Delta, au sud du pays, a été enlevé le 1er septembre dernier, sur la route d’Okpe à Warri, rapporte le site de l’association Aide à l’Eglise en détresse (AED). Il devait y célébrer le lendemain la messe dominicale. Il a été relâché le 5 septembre, en bonne santé, a fait savoir le diocèse de Warri. Le jeune prêtre est également curé de deux autres paroisses, situées dans la même zone d’Okpe.

Des enlèvements motivés par des demandes de rançon

Prêtres et religieux sont régulièrement victimes d’enlèvement de la part de bandes criminelles au Nigeria, y compris dans les zones à majorité chrétienne comme l’Etat du Delta. En juillet, deux prêtres ont ainsi été enlevés: le père Paulinus Udewangu, le 4 juillet, et le père Leo Michael, le 24 juillet. Les évêques nigérians avaient dénoncé en janvier dernier »[cette] plaie qui a atteint des proportions inimaginables».

Ces enlèvements sont généralement motivés par des demandes de rançon. Les ravisseurs ont ainsi demandé une rançon de 38’000 francs suisses pour la libération du père Ogaga. Mais depuis le meurtre, en 2016, du père John Adeyi, vicaire-général du diocèse d’Otukpo, enlevé et exécuté malgré le paiement de la rançon demandée, l’Eglise nigériane a pris la décision de ne pas satisfaire les exigences des ravisseurs.

«La plaie des enlèvements»

Aussi, »dès qu’ils ont compris que personne ne paierait la rançon, ses ravisseurs l’ont libéré», déclare à l’AED le père Clement Abobo, chancelier du diocèse de Warri. Rassurant quant à l’état de santé de son confrère, »qui n’a pas été battu [et qui] maintenant se porte bien», il s’inquiète de l’absence de réactions des autorités: »Le gouvernement devrait veiller à ce que les ravisseurs soient traduits en justice, mais il ne fait rien, en particulier lorsque l’otage est libéré. «»‹Â»Â«‹Si un tel climat d’impunité est favorisé, les enlèvements se produiront encore plus fréquemment».

En janvier, les évêques nigérians dénonçaient «a plaie des enlèvements» qui avaient atteint des «proportions inimaginables». Jour après jour, écrivaient-ils alors dans une déclaration, des citoyens sont enlevés, humiliés et traumatisés par des groupes lourdement armés. Leurs ravisseurs sont impitoyables et sans aucun scrupule. Dans leur volonté d’extorquer de fortes sommes d’argent, ils soumettent leurs victimes à des violences indicibles pouvant durer des semaines, sinon des mois.

Dans ce même message, l’épiscopat alertait sur les véritables situations de guerre qu’on pouvait observer dans plusieurs régions du pays mises en coupe réglée par des groupes armés, sans parler des conflits ethniques et fonciers meurtriers entre éleveurs et agriculteurs, et des exactions continuelles de Boko Haram. Les évêques pressaient avec instance les autorités de sortir de leur inertie et de leur silence, et de remédier avec efficacité à l’insécurité problématique dans laquelle leur pays était plongé. (cath.ch/aed/ag/bh)

Prêtres et religieux sont régulièrement victimes d’enlèvement de la part de bandes criminelles au Nigeria | © cathédrale d'Abuja:moises.on/Flickr/CC BY 2.0)
9 septembre 2018 | 15:28
par Bernard Hallet
Temps de lecture : env. 2  min.
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