Nigeria: Nouvelle inquiétude des évêques sur la loi islamique dans plusieurs Etats

Violation «évidente des droits l’Homme pour les non musulmans»

Dans plusieurs des provinces semi-autonomes du Nigeria où la loi islamique est en vigueur depuis l’année dernière, des troubles confessionnels ont eu lieu entre musulmans et chrétiens. Les incidents les plus graves de cette année, ont eu lieu début septembre à Jos (Etat du Plateau), faisant au moins cinq cents morts de part et d’autre.

«Nous avons déclaré maintes fois que la charia, en tant que loi d’Etat est une violation claire des droits de l’homme pour les non musulmans» ont souligné les évêques du pays. Ils ont aussi estimé que l’extension de cette disposition allait provoquer une grave crise confessionnelle dans le pays.

De nombreuses voix, dont celle d’un président déchu de la fédération, le général Muhamadou Bouhari, ont appelé ces derniers temps, à poursuivre l’islamisation du Nigeria où musulmans et chrétiens comptent chacun 45% de fidèles parmi les quelque 120 millions d’habitants du pays.

Les évêques ont en outre appelé les responsables catholiques nigérians à éviter de faire des déclarations contre l’islam ou la charia, pour ne pas aggraver la situation actuelle quelque tendue entre les deux communautés religieuses. Aux dirigeants des Etats qui ont imposé la loi islamique, il leur ont demandé de respecter la laïcité de la fédération, telle que garantie par la constitution de mai 1999. De l’avis des évêques, le rôle des dignitaires religieux (musulmans ou chrétiens) est de prévenir les crises, en prenant les devants.

En février et mai de l’année dernière, plus de quatre mille personnes ont été tuées, dans les Etats de Kaduna et de Kano (nord) lors des très violents affrontements inter-confessionnels, liés à l’application de la loi islamique.

Condamnation à mort

La déclaration des prélats coïncide avec une série d’actions islamistes. La semaine dernière, un tribunal islamique de l’Etat de Gusau (nord-ouest) a condamné à mort par lynchage, un homme reconnu coupable de pédophilie. La victime sera tuée par lapidation. Il avait avoué son forfait commis sur un mineur de sept ans.

Les femmes payent également un tribu à l’application de la charia. Lors d’une visite officielle du président Olusegun Obasanjo à Zamfara (nord), le 13 septembre 2001, les femmes ont en effet été tenues à l’écart. Elles n’ont pas été autorisées à assister à l’accueil du chef de l’Etat et le gouvernement local leur a interdit de quitter les foyers pour venir saluer le président. (apic/ibc/pr)

24 septembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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