Le gouvernement d’Obasanjo montré du doigt

Nigeria: Plus de 10’000 morts dans des incidents depuis deux ans

Lagos, 1er septembre 2002 (APIC) Plus de 10’000 morts lors d’une cinquantaine d’incidents. Tel est le bilan de la violence qui sévit depuis janvier 2000 au Nigeria, ont indiqué des organisations de défense des droits de l’homme. Dans un rapport, elles affirment que ces personnes ont été exécutées de façon extrajudiciaire.

Dans un rapport publié à Lagos le 26 août dernier, l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), basée à Genève, et le Centre pour le Renforcement du droit et de l’Education de Lagos, affirment que ces exécutions sont consécutives à la «montée alarmante de la violence et des violations des droits de l’homme» dans le pays. Le document a été publié sous le titre «L’espoir trahi? Un rapport sur l’impunité et la violence sponsorisée par l’Etat au Nigeria».

Cité par le Réseau Intégré d’Information de l’ONU (IRIN), le rapport met la responsabilité de ces exécutions sur les agents de la sécurité. Les crimes ont été accompagnés «de viol, de mutilation et de torture de milliers de femmes, de personnes âgées, d’enfants et d’autres civils sans défense». «Cette situation dans laquelle se trouvent actuellement les Nigérians est l’inverse de l’espoir né des fortes attentes et promesses qu’avaient suscité l’inauguration du gouvernement élu du président Olusegun Obasanjo», ont notamment souligné les auteurs du texte. Le gouvernement de M. Obasanjo est entré en fonction le 29 mai 1999.

Selon l’OMCT et CLEEN, les rôles visibles de l’Etat et de ses agences de sécurité dans la perpétuation des violations ont été voilés par les médias. Ils ont souvent présenté la situation de troubles quasi-permanents dans le pays depuis deux ans, comme étant de nature ethnique et religieuse. Le gouvernement a été, de ce fait, déchargé de l’entière responsabilité de ces incidents.

Les deux organisations ont réclamé des comptes au gouvernement fédéral, estimant que de «graves violations des droits de l’homme ont été commises». En outre, elles recommandent à l’ONU, d’envoyer une mission d’enquête auprès du gouvernement nigérian, accusé d’avoir attisé les affrontements ethniques et religieux. (apic/ibc/bb)

1 septembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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