Volonté d’imposer la charia, la loi islamique, aux régions du Nord

Nigeria: Plus de 300 morts dans les troubles interconfessionnels à Kaduna

Lagos/Dakar, 25 mai (APIC) Si le calme est revenu provisoirement à Kaduna, une ville d’un million d’habitants au nord du Nigeria, les troubles interconfessionnels de lundi et mardi ont fait plus de 300 morts, mais le bilan pourrait être bien plus lourd. Les dégâts matériels sont inestimables: plus de mille édifices publiques et privés ont été incendiés, dont de nombreuses églises et mosquées.

Le gouverneur de l’Etat de Kaduna, Ahmed Makarfi, a annoncé la mise en place d’un «tribunal volant» pour juger rapidement sur place les incendiaires et ceux qui violent le sévère couvre-feu imposé de 20h à 8h du matin. Les deux communautés religieuses s’affrontent depuis le début de l’année suite à la volonté des dirigeants des Etats du nord du Nigeria d’imposer la charia, la loi islamique, dans cette région majoritairement musulmane. A la suite de ce nouveau bain de sang, le gouvernement fédéral a imposé le couvre-feu dans une ville où ce genre de heurts sanglants se produit pour la seconde fois depuis le début de l’année. En février, plus de 1’000 personnes avaient trouvé la mort dans les troubles.

Plus de 1’000 en février dernier

Les troubles se sont étendus dans les districts périphériques de Nasarawa et Bagiko. Le député Ibrahim Abdullahi, membre de la Chambre des représentants et président de la Commission de la défense, a été tué par des émeutiers qui avaient dressé des barrages sur la voie expresse Kaduna-Abuja. Même si les autorités locales cherchent à minimiser les motifs religieux derrière les émeutes, la population souligne que les gangs de jeunes qui sèment la mort dans la ville sont clairement divisés en fonction de l’appartenance confessionnelle.

Le coordinateur du Forum de dialogue entre les communautés chrétienne et musulmane de Kaduna, James Wuye, a estimé que de nombreuses personnes sont encore tuées sans qu’on le sache, ce qui rend difficile de dresser un bilan exact des victimes des violences de ces derniers jours. De son côté, la presse nigériane rapporte que les rues de la ville de Kaduna étaient toujours jonchées de cadavres. Les journalistes n’ont pas été autorisés à accéder à la morgue de l’hôpital où sont entassées plusieurs dizaines de dépouilles. Selon certaines sources, les affrontements ont éclaté à la suite d’une action de représailles menée par un groupe de chrétiens contre des musulmans après le meurtre d’un des leurs. (apic/ibc/bbc/misna/be)

25 mai 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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