La nomination d’un chef traditionnel à l’origine du conflit

Nigeria: Plus de dix morts dans des affrontements confessionnels durant le week-end

Lagos, 5 novembre 2001 (APIC) Plus de dix personnes ont été tuées durant le week-end dernier dans de nouveaux affrontements confessionnels au Nigeria. Des milliers d’autres ont fui leurs foyers à la suite de ces violents troubles qui ont opposé musulmans et chrétiens de la ville Gwantu, située dans l’Etat de Kaduna (nord). Une loi islamique de compromis est entrée en vigueur le jour même du début des troubles dans l’Etat de Kaduna.

Les émeutes ont éclaté après la prière du vendredi qui rassemble, traditionnellement pour les musulmans, des milliers de fidèles dans les grandes mosquées. A l’origine des troubles, une marche de protestation des chrétiens contre la nomination, au début de l’année, d’un chef traditionnel musulman d’ethnie haoussa. Celui-ci avait été nommé par le gouverneur de l’Etat, sur proposition de leaders d’opinions de la province. Pour les non musulmans, il n’est pas normal qu’ils soient dirigés par un chef traditionnel de confession islamique, alors qu’ils sont majoritaires dans la localité. La marche de protestation s’est alors transformée en échauffourés dramatiques.

En plus des victimes, un nombre indéterminé de maisons ont été incendiées. Par mesure de sécurité, le chef traditionnel contesté a été évacué des lieux. Il a été conduit dans une ville voisine. Plusieurs autres musulmans ont fui la ville de Gwantu.

Deux justices

Au même moment, des prières spéciales ont été organisées à Kaduna, la capitale de l’Etat, en faveur du nouveau code de justice islamique modéré. Destiné à apaiser les tensions religieuses, il prévoit notamment que les musulmans comparaîtront devant des tribunaux islamiques contrairement aux chrétiens et animistes qui seront jugés par des tribunaux traditionnels.

Une première tentative d’islamisation de l’Etat de Kaduna, entreprise au début de l’année avait échoué, à la suite de l’opposition des non musulmans. Cette opposition s’était traduite par de violentes bagarres, en février et mai 2000. Elles ont fait plus de 3’000 morts.

Depuis janvier de l’année dernière, 12 des 36 Etats de la fédération du Nigeria appliquent la loi islamique ou charia. (apic/ibc/mk)

5 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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