Nigeria: Selon l’évêque de Maiduguri, pas de «chasse au chrétien»
Le calme revient après les émeutes
Abuja, 22 février 2006 (Apic) Mgr Matthew Man-oso Ndagoso, évêque de Maiduguri, au Nord du Nigeria, dément que l’on assiste à une «chasse au chrétien» dans ce chef-lieu de l’Etat du Borno. La ville a été le théâtre ce week-end de graves désordres qui se sont soldés par la mort d’une cinquantaine de personnes, selon les derniers bilans, y compris un prêtre catholique.
«Je ne pense pas qu’il soit correct ni utile de parler de chasse au chrétien pour rapporter ce qui se passe à Maiduguri ces jours-ci», a-t-il confié à l’agence missionnaire italienne MISNA. Mgr Matthew Man-Oso Ndagoso rappelle que le Nigeria est un pays complexe avec plus de 120 millions d’habitants et plus de 250 ethnies. «Je me rends compte que les dynamiques nigérianes peuvent être difficiles à comprendre, mais déformer les faits est dangereux».
Selon l’évêque, il est incorrect de raconter ce qui se passe à Maiduguri uniquement comme un fait religieux. «Les différences ethniques, religieuses, politiques sont présentes au quotidien dans notre pays; dans les zones ou dans les secteurs sociaux où à ces différences se somment des facteurs comme une pauvreté extrême, l’ignorance et le manque d’espoir en l’avenir, c’est tout un magma indistinct et confus qui se forme. Un mélange explosif qu’un rien peut faire sauter», explique Mgr Ndagoso.
«Il faut bien comprendre qu’il y a des fanatiques, d’un côté et de l’autre, qui sont utilisés par des hommes politiques sans scrupules pour arriver à leurs fins. Ces différences ont été utilisées au fil des ans par des partis pour s’identifier à un électorat plutôt qu’à un autre. Au Nigeria, de fait, la campagne électorale pour les présidentielles de 2007 est déjà en cours depuis des mois. Et les différences sont utilisées pour pousser la foule à la révolte et manipuler des jeunes sans futur. L’ignorance, la pauvreté, l’absence des institutions et le mauvais contrôle du territoire par les forces de sécurité font le reste», poursuit le prélat.
Les funérailles du Père Michael Gajere, le curé de l’église de Sainte Rita tué par un groupe de malfaiteurs poussés, semble-t-il, par leur volonté de piller l’église et la maison du prêtre, se tiendront ce jeudi. «La ville est calme à présent, mais on sent la tension. Il faudra quelques jours pour reprendre notre existence pacifique», conclut Mgr Ndagoso. Des sources religieuses contactées par la MISNA dans plusieurs villes du nord du pays, de Bauchi à Kaduna, font savoir que la situation est tranquille et que la police a renforcé ses effectifs pour surveiller les rues, les points sensibles et les églises. (apic/misna/be)



