Les chefs religieux appellent à voter dans le calme
Nigeria: Six morts lors des élections législatives de samedi
Lagos, 13 avril 2003 (Apic) Six personnes ont été tuées samedi au Nigeria lors des élections parlementaires, a annoncé à l’AFP le chef des observateurs de l’Eglise catholique nigériane. Selon le père Iheanyi Enwerem, cinq personnes ont été tuées dans l’Etat d’Enugu (sud-est) lors d’une tentative d’assassinat d’un candidat du parti d’opposition ANPP aux élections des gouverneurs, prévues le 19 avril.
Les chefs religieux musulmans et catholiques du Nigeria ont appelé leurs fidèles à voter dans le calme et en dehors de toute tension religieuse lors des différents scrutins. Plusieurs consultations électorales ont lieu au Nigeria du 12 avril au 3 mai. Elles concernent les élections de députés et sénateurs, un scrutin présidentiel, suivi de consultations électorales pour le choix des gouverneurs, avant celle des locales.
Le Nigeria, avec une population de plus de 120 millions d’habitants est régulièrement secoué depuis mars 2000, par des violences à caractère religieux, liées à l’introduction de la charia dans douze des 36 états qui composent la fédération.
Dans une déclaration rapportée par l’AFP, Lateef Adegbite, secrétaire général du Conseil Suprême Islamique (CSI) a lancé un appel à «tous les musulmans» à se rendre aux urnes pour exercer leurs droits civiques. Le CSI qui est le plus importante organisation musulmane du Nigeria, demande à tous les électeurs musulmans «de voter pour des candidats crédibles auxquels ils font confiance», a souligné Adegbiti. Selon lui, les musulmans et les chrétiens doivent «s’unir et voter pour le meilleur candidat», sans aucune considération religieuse.
Le chef d’une équipe d’observateurs de l’Eglise catholique aux consultations électorales, le révérend père Iheanyi Enwerem, a également appelé le peuple nigérian à aller voter. Dans un souci d’apaisement, il a estimé que les troubles qui ont endeuillé le pays durant plus de trois ans, n’étaient pas d’ordre religieux. Ils n’étaient pas dirigés contre les régions à majorité chrétienne.
L’Eglise catholique dépêche 30’000 observateurs
Plus de 60 millions d’électeurs nigérians se sont rendus aux urnes samedi 12 avril pour élire leurs députés et sénateurs. Ils y retourneront les 19 et 26 avril pour le choix du président de la république, puis les 19 et 29 avril pour désigner leurs gouverneurs. La série prendra fin le 3 mai avec des élections locales. L’Eglise catholique nigériane s’est impliquée dans ces joutes électorales en déployant 30’000 observateurs à travers le pays. Cette décision démontre sa volonté de contribuer au processus démocratique du pays, souligné le révérend père Iheanyi Enwerem. Cette équipe d’observateur qu’il dirige fera ensuite un rapport à la Conférence Episcopale nationale en mai.
L’élection du président de la république dont le premier tour aura lieu le 19 avril et le second, dix jours plus tard, opposera deux candidats sérieux. Ce sont le président sortant, Olusegun Obasanjo, au pouvoir depuis le retour des civils en mai 1999, et Mohamed Buhari un ancien président du pays. Tous deux sont des généraux à la retraite.
A la veille du coup d’envoi de la série d’élections, la Croix-Rouge nationale et internationale a envoyé des équipes de secours dans 14 des 36 états qu’elle a identifié comme potentiellement dangereux. Dans certains de ces états, des politiciens sont suspectés d’armer des milices. Des violences ont déjà eu lieu pendant la campagne électorale. Au moins deux personnes ont été tuées lors de troubles, jeudi 10 avril dans la région du delta du Niger, dans le sud. (apic/ibc/bb)



