«Noël est une fête pour tous les habitants de la Terre Sainte, et pour tous les artisans de Paix»
Bethléem: Le patriarche latin Fouad Twal exhorte à la paix en Terre sainte
Bethléem, 25 décembre 2010 (Apic) «En ce Noël, nous souhaitons que Jérusalem puisse devenir non seulement la capitale de deux Etats, mais également un modèle pour le monde entier de bonne entente et de coexistence entre les trois religions monothéistes», a lancé durant la messe de minuit à Bethléem, en Cisjordanie occupée, le patriarche latin de Jérusalem Fouad Twal.
«Notre souhait pour cette fête est que le son des cloches de nos églises couvre le bruit des armes dans notre Moyen-Orient blessé», a déclaré le chef de l’Eglise catholique de rite latin en Terre sainte, lors de la traditionnelle messe de minuit en l’église Sainte-Catherine. Cette église, où officient les moines franciscains de la Custodie de Terre sainte, est située tout à côté de la basilique de la Nativité, l’une des plus vieilles églises du monde, bâtie au-dessus de la grotte considérée comme le lieu de la naissance de l’enfant Jésus.
Devant une foule dense, le patriarche latin de Jérusalem a salué tout particulièrement le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, ainsi que le Premier ministre palestinien Salam Fayad, accompagné de sa délégation. «Merci de votre présence parmi nous !», a-t-il lancé, en rappelant que «Noël est une fête pour tous les habitants de la Terre Sainte, et pour tous les artisans de Paix». Mgr Fouad Twal a également adressé ses vœux aux pèlerins venus nombreux, aux diplomates étrangers et députés européens présents à la messe ainsi qu’à tous les fidèles de Palestine, de Jordanie et d’Israël et «aussi à tous ceux qui sont avec nous en ce moment grâce aux médias».
Les chrétiens irakiens massacrés
«Dans un monde déchiré par la violence et l’intégrisme, qui légitime les pires actions, jusqu’aux assassinats dans les églises», a-t-il souligné dans son homélie, en faisant allusion au massacre d’une cinquantaine de fidèles dans l’église de Sayidat al-Najat (Notre-Dame du Perpétuel secours) à Bagdad, «l’Enfant de Bethléem vient nous rappeler que le premier commandement est l’Amour». Jésus enseigne le pardon et la réconciliation, «même avec nos ennemis», a-t-il poursuivi.
«L’Enfant de Bethléem, né dans une grotte, nous donne ainsi un enseignement d’humilité, de simplicité, de douceur, dans notre monde bâti sur la force et la volonté de puissance. Toute la vie de Jésus nous invite à cela: › Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur’. De même, ›qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé’», a-t-il souligné en citant saint Matthieu.
Le patriarche déplore les millions d’avortements chaque année dans le monde
Le patriarche latin a relevé que Noël rappelle la valeur unique de la vie humaine, qui est un don de Dieu. «Chaque enfant né ou à naître a une dignité unique et mérite un grand respect, car il est créé à l’image de l’Enfant de la crèche. Comme il est douloureux de constater que des millions d’avortements sont commis chaque année dans le monde, à cause de l’égoïsme et de la dureté de cœur, à cause du rejet de la vie qui commence dès les premiers instants de la conception. Et comme il est douloureux de penser aux souffrances de qui commet de telles actions: ce sont des blessures qui détruisent les personnes au plus profond de leur être. Ces personnes ont besoin d’être aidées et de s’en remettre au Dieu de miséricorde».
La souffrance des enfants du Moyen-Orient
Mgr Fouad Twal s’est également dit attristé par les situations difficiles dans lesquelles grandissent près de 80% des enfants de l’humanité. «Nous pensons tout particulièrement aux enfants de nos pays moyen-orientaux, qui se trouvent en-dessous du seuil de pauvreté. Beaucoup connaissent des conditions précaires, dans les camps de réfugiés, ou bien vivent des situations familiales dramatiques, privés de la tendresse de leurs parents».
Le patriarche latin, rappelant le récent Synode des évêques pour le Moyen-Orient qui s’est tenu à Rome en octobre dernier, a insisté sur la nécessité du dialogue, «une disposition de cœur une valeur indispensable à tous les niveaux: tout d’abord entre les différentes Eglises catholiques du Moyen-Orient, qui passe par la collaboration entre les différents Patriarcats, mais aussi au niveau interconfessionnel et interreligieux».
Intensifier le dialogue «avec nos frères juifs et musulmans»
«Ce dialogue est un impératif, il est la réponse à l’athéisme moderne et aux intégrismes qui menacent le Peuple de Dieu. Ainsi, le fanatisme a récemment frappé la communauté chrétienne d’Irak de façon tragique. De telles actions sont unanimement condamnées par chrétiens et musulmans». Le Message du Synode invite aussi à intensifier le dialogue «avec nos frères juifs et musulmans: il s’agit de nous réunir autour de nos valeurs communes, qui sont nombreuses, comme la prière, la piété, le jeûne, l’aumône, et surtout les valeurs éthiques».
«Notre souhait pour cette Fête est que le son des cloches de nos églises couvre le bruit des armes dans notre Moyen-Orient blessé. Que la joie se dessine sur tous les visages, que l’allégresse pénètre tous les cœurs ! Prions pour la paix : nous souhaitons qu’elle descende sur le peuple d’Israël comme sur le peuple de Palestine et sur tout le Moyen-Orient, afin que nos enfants puissent vivre et grandir dans un environnement serein», a conclu le patriarche Fouad Twal. (apic/plj/be)



