Côte d’Ivoire: Appel au calme de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture
Non à l’escalade de la violence verbale à la veille du second tour des élections
Paris, 25 novembre 2010 (Apic) A l’approche du second tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, prévu dimanche 28 novembre 2010, l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture ACAT-France, Amnesty International et la Fédération Internationale de l’ACAT (FIACAT) appellent les deux candidats au calme. Les ONG demandent au président sortant et candidat de la majorité présidentielle (LMP), Laurent Gbagbo, et au candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Alassane Ouattara, de s’abstenir de déclarations et d’actes pouvant déclencher des violences politiques et ethniques.
De tels actes risqueraient de remettre en cause le processus électoral et plonger le pays dans le chaos, estiment les ONG. Ces derniers jours ont été marqués en Côte d’Ivoire par une escalade verbale entre les deux candidats qui se sont mutuellement accusés d’être responsable de l’introduction de la «violence politique» dans le pays.
Le vendredi 19 novembre 2010, des affrontements violents ont éclaté entre des membres de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) – syndicat étudiant considéré comme proche de la LMP – et des jeunes du RHDP, à proximité du siège du RHDP, dans le quartier de Cocody, à Abidjan. Un journaliste français, travaillant en Côte d’Ivoire, a été pris à parti et agressé violemment par des membres présumés de la FESCI et a dû être hospitalisé pour des soins. Les forces de l’ordre présentes ont mis du temps à intervenir pour mettre fin aux échauffourées, laissant suggérer un parti pris en faveur des éléments de la FESCI. Plusieurs dizaines de personnes ont été blessées.
Une hausse inquiétante de la tension
Cette hausse de la tension est inquiétante et peut remettre en cause la fragile stabilité de la Côte d’Ivoire en cas de nouvelles violences à caractère politique ou ethnique. «Nos organisations ont pris connaissance de tracts appelant à des violences xénophobes, notamment un ’appel aux peuples du Grand-Ouest’ qui affirme que ’l’heure de la grande vengeance a sonné’ et que ’l’heure est venue de récupérer nos terres. Ce genre d’appel à la haine est intolérable et leurs auteurs doivent répondre de leurs actes devant la justice», affirment les ONG dans leur communiqué commun.
A l’occasion du «face à face» télévisé prévu jeudi soir 25 novembre, les deux candidats devront respecter le code de bonne conduite signé par leurs partis respectifs en 2008 sous l’égide des Nations Unies et tenir des propos mesurés, modérés et sans provocations. «Nous les exhortons à appeler la population, et particulièrement la jeunesse et les étudiants, au calme, et à préparer leur électorat au fait qu’une défaite électorale est possible».
Les ONG signataires appellent également les médias et les journalistes ivoiriens à un traitement professionnel de l’information et de la couverture électorale et au respect des règles d’éthique et de déontologie. Les forces de sécurité ne doivent en aucun cas intervenir dans le processus électoral ni commettre de violations des droits humains. Elles sont averties qu’elles seraient amenées à rendre comptes de leurs actes devant la justice si elles en commettaient, ajoutent les organisations. (apic/com/be)



