Les chrétiens de Haute-Mésopotamie craignent pour leur survie
Nord de l’Irak: Les opérations militaires turques se poursuivent, dénoncent les Assyriens
Mels/SG, 1er juillet 1997 (APIC) Les opérations militaires anti-PKK de l’armée turque, appuyées par les «gardiens de village» et les milices du Parti Démocratique Kurde (PDK) de Barzani, se poursuivent au nord de l’Irak, dénonce mardi le Bureau social «Beth-Nahrin». Les victimes et les déplacés parmi les populations chrétiennes de souche syriaque et chaldéenne du Kurdistan irakien sont nombreuses, affirme l’association basée à Mels, dans le canton de St-Gall.
«Beth-Nahrin», qui vient en aide aux ressortissants des peuples assyro-syriaques de Haute-Mésopotamie qui ont trouvé refuge en Suisse, craint pour la survie de cette minorité chrétienne en pays kurde. Une vingtaine de villages chrétiens ont déjà été détruits depuis le début de l’invasion turque du nord de l’Irak, à la mi-mai.
Selon «Beth-Nahrin», les villages chrétiens, accusés de collaboration avec la guérilla kurde du PKK, ont été la cible des attaques et pillages des troupes turques et de leurs alliés locaux. Des habitants ont été tués, des femmes violées, des maisons saccagées, des églises profanées, des symboles chrétiens pris pour cible. Depuis le début des attaques turques, 683 familles assyro-syriaques ont été contraintes de quitter leurs maisons et leurs terres.
L’ONU avait pourtant institué une «zone de protection» au nord du 36ème parallèle
L’invasion de 50’000 soldats turcs dès la mi-mai dans le Kurdistan irakien autonome, – dans la «zone de protection» instituée en 1991 par l’ONU au nord du 36ème parallèle – s’est faite avec le «consentement tacite» des Etats-Unis et de la communauté internationale, dénonce l’association des populations de Haute-Mésopotamie. «Beth-Nahrin», qui a organisé samedi dernier une manifestation de protestation devant le siège de l’ONU à Genève, s’indigne que la destruction du peuple qui a créé la civilisation mésopotamienne s’accomplisse dans l’indifférence générale. Ces dernières semaines, de semblables manifestations ont été organisées à Bruxelles et à Stockholm.
Quelque 5’000 chrétiens de cette région de Haute-Mésopotamie partagée entre la Turquie (région du Tur Abdin) et le Nord de l’Irak ont déjà trouvé refuge en Suisse ces dernières années. Plusieurs dizaines de milliers d’autres ont émigré et se sont installés dans le reste de l’Europe (50’000 en Allemagne), en Amérique et en Australie. Cette ancienne chrétienté qui parle le «suroyo», une langue proche de l’araméen que parlait le Christ, est menacée dans sa survie. «Beth-Nahrin» n’hésite pas à parler de «génocide». (apic/be)



