«Notre seul espoir est de ramener l’espérance»
Genève: Des responsables d’Eglise irakiens appellent à la sécurité en Irak
Genève, 20 février 2011 (Apic) Un patriarche et quatre archevêques des Eglises chrétiennes d’Irak se sont entretenus sur la situation actuelle de leur pays, cette semaine, dans le cadre de la session du Comité central du Conseil œcuménique des Eglises (COE) à Genève (Suisse). Ils ont pu rencontrer des dirigeants d’Eglise d’autres pays.
Le groupe irakien, qui comprenait un patriarche et quatre archevêques, a surtout évoqué la violence permanent dont est victime la population irakienne. Il s’est également préoccupé des questions touchant l’insécurité croissante dans le pays et des mouvements de réfugiés qui en résultent.
Dans une réunion publique, tenue dans le cadre de la session du Comité central, les dirigeants irakiens ont souligné combien il est important de «créer une atmosphère de sécurité pour tous les citoyens» en Irak. En venant au Conseil œcuménique des Eglises (COE), le groupe a souhaité raconter son histoire. Il a aussi encouragé les Eglises à intervenir auprès de leurs gouvernements, en leur demandant que «l’Etat ait les moyens de faire respecter les droits de toutes les personnes, quelle que soit leur origine religieuse et ethnique, conformément à la Constitution.»
Solidarité œcuménique avec les Irakiens
La visite a permis aux responsables ecclésiastiques irakiens d’avoir un contact direct avec les représentants de plus de 150 Eglises. Elle répondait à une rencontre de membres du personnel du COE, en Irak en décembre 2010.
A Genève, les membres du Comité central du COE ont pu exprimer leur préoccupation et manifester leur appui à tous les Irakiens. «Les chrétiens d’Irak sont à ce jour l’une des communautés les plus anciennes du monde», a déclaré le secrétaire général du COE, le pasteur Olav Fykse Tveit. «Comme tous les Irakiens, ils sont en butte aujourd’hui à de graves tensions et menaces, c’est pourquoi nous tenons tout particulièrement à exprimer notre solidarité œcuménique avec les femmes et les hommes de ce pays, et à collaborer avec les Eglises et d’autres instances pour les aider à sortir de cette situation tragique.»
«Notre seul espoir est de ramener l’espérance», a déclaré l’archevêque Mar Georgis Sliwa, métropolite du diocèse d’Irak de l’Eglise apostolique assyrienne de l’Orient. «Malgré les difficultés, nous ne perdons pas l’espoir, parce que nous sommes chrétiens et que nous aimons notre pays.» L’archevêque Sliwa espère que les gens qui sont partis reviendront un jour. Toutefois, il reconnaît que, «pour le moment, il est plus urgent de se préoccuper de ceux qui vivent encore en Irak.»
Les priorités
Les priorités les plus urgentes, a affirmé l’archevêque Sliwa, concernent la sécurité, la nécessité «d’enquêter sur les véritables raisons» de la violence que subissent tous les Irakiens, et celle de «faire en sorte que l’Etat ait les moyens» de garantir le respect des droits et de la sécurité de la population, sans distinction de religion ni d’origine ethnique. «Quand la vie reprendra son cours normal», a-t-il déclaré, «on pourra mettre en œuvre des projets de développement et investir.»
«Certaines de nos paroisses ont complètement disparu et le nombre de fidèles a diminué dans toutes les Eglises», a déclaré l’archevêque Avak Asadourian, primat de l’Eglise orthodoxe arménienne d’Irak et secrétaire général du Conseil des responsables d’Eglise chrétiens d’Irak. «Si cette tendance se poursuit encore, je crains pour l’avenir de nos Eglises.»
Créé début 2009, le Conseil des responsables d’Eglise chrétiens d’Irak s’efforce de rassembler les Eglises de ce pays, pour se soutenir mutuellement, plaider en faveur de la sécurité et développer la vie œcuménique en Irak.
L’archevêque Asadourian a expliqué que le travail diaconal de l’Eglise reste dynamique, permettant à des personnes traversant des difficultés économiques de se nourrir et de se loger. Les groupes de femmes issues de l’Eglise «sont très dynamiques. Elles sont membres d’organisations de défense des causes», a-t-il indiqué, expliquant que des femmes «se rendent dans les foyers pour voir comment vivent les familles et quels sont leurs besoins.» Cependant, a-t-il déploré, «les besoins sont très intenses et quoi qu’on leur donne, ce n’est parfois pas suffisant.»
La délégation irakienne est constituée du patriarche Mar Addai II, catholicos de l’Ancienne Eglise de l’Orient (Bagdad); l’archevêque Avak Asadourian, primat de l’Eglise arménienne orthodoxe d’Irak et secrétaire général du Conseil des responsables d’Eglise chrétiens d’Irak; l’archevêque Mar Georgis Sliwa, métropolite du diocèse d’Irak de l’Eglise apostolique assyrienne de l’Orient; l’archevêque Mar Severius Hawa, métropolite du diocèse de Bagdad de l’Eglise orthodoxe syrienne; le Père Nadheer Dako, de l’Eglise chaldéenne; et le pasteur Yousif Jamil Al-Saka, de l’Eglise presbytérienne de Bagdad. (apic/coe/com/ggc)



