«Nous avons la conviction que l’évêque est décidé à arranger les choses»

Genève: Mgr Morerod a rencontré la Commission tiers-monde (Cotmec) dans un esprit qualifié de «positif»

Genève, 23 septembre 2013 (Apic) La dissolution de la Commission tiers-monde de l’Eglise catholique genevoise (Cotmec) est remontée auprès du diocèse. Un premier entretien a eu lieu le 20 septembre 2013, rapporte le quotidien genevois «Le Courrier» le 21 septembre 2013. Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), a rencontré la Commission tiers-monde dans un esprit qualifié de «positif».

En juin dernier: l’Eglise genevoise décidait de dissoudre la Cotmec, sa commission tiers-monde, dont le travail ferait doublon avec celui d’autres organisations. Abasourdie, celle-ci s’était adressée à Mgr Morerod.

Le 20 septembre 2013, la première rencontre a eu lieu entre l’évêque de Genève, Lausanne, Fribourg et l’organe d’information et de recherche sur les questions Nord-Sud de l’Eglise catholique. Une rencontre que la principale intéressée juge positive tout en restant dans l’expectative. A son issue, la Cotmec s’est dite satisfaite de ce premier entretien. «Mgr Morerod nous a réservé un très bon accueil, apprécie Claude Fol, président de la Cotmec. Et nous avons la conviction que l’évêque est décidé à arranger les choses».

Pas de communication avant la fin du processus

Comment? Il est trop tôt pour le dire. Ce dernier irait-il jusqu’à désavouer

l’évêque auxiliaire, Mgr Farine, qui campe sur sa position?, se demande le «Courrier» «Il veillera à ce que tout le monde conserve la face», prédit Claude Fol. Celui-ci exclut en tout cas la possibilité de poursuivre le travail de façon laïque: «Nous serions prêts à devenir une association, mais dotée d’un mandat de l’Eglise», mandat qui pourrait être rattaché directement au diocèse. «Notre identité est religieuse. La Parole à laquelle nous nous référons doit être mise en oeuvre par les chrétiens».

Rien ne filtre du côté de l’évêché, qui a décidé de ne pas communiquer avant la fin du processus. Quant à l’Eglise catholique romaine de Genève (ECR), elle ne souhaite pas s’exprimer non plus. Elle salue le fait que la question soit examinée «avec un peu de hauteur» – au niveau diocésain – et attend la décision de Mgr Morerod. Celui-ci a déjà entendu la position de la hiérarchie genevoise.

«Mais nous aussi, nous sommes l’Eglise et il en a conscience», souligne Claude Fol. L’ECR précise que le contrat de travail dont bénéficie l’unique permanente n’a pas été révoqué et que seul le mandat pastoral donné à la Cotmec, il y a 45 ans, est concerné. Mais c’est bien celui-ci qui compte pour la commission, dont l’essentiel des membres est bénévole. L’annonce de l’Eglise cantonale avait suscité plus d’une réaction auprès de l’Eglise catholique-romaine genevoise, mettant en cause le mode de décision comme la décision elle-même.

Une grande perte

Rappelons que pour Mgr Farine, «les soucis portés par cette commission le sont par d’autres organisations comme l’Action de Carême». En l’occurrence, la dissolution de la Cotmec représenterait une grande perte pour l’oeuvre d’entraide catholique AdC: «Action de Carême s’appuie sur la Cotmec depuis la naissance de celle-ci», rappelle Jean-Claude Huot, responsable romand jusqu’à peu d’AdC. «Nous bénéficions par exemple de son réseau oecuménique pour nos campagnes de carême, mais aussi de tout son travail de réflexion: l’Eglise cantonale genevoise était la seule qui ait osé financer un organisme portant un regard critique sur les origines économiques ou politiques de la pauvreté. Je le voyais comme une sensibilité particulière de la Genève internationale».

En tant que membre du comité du Centre catholique international de Genève CCIG, ce lien entre pastorale locale et internationale lui importe, par exemple pour des thématiques comme celle du travail domestique: «Quel autre partenaire trouvera désormais le CCIG, qui a besoin d’un partenaire local comme la Cotmec pour établir des ponts? Nous voudrions pouvoir en parler au niveau diocésain», dit Jean-Claude Huot.

En novembre prochain, la Cotmec fête ses 40 ans. Son avenir pourrait bien être clarifié d’ici là. La fête aura lieu au Temple protestant des Pâquis. Ironie? Claude Fol assure que le choix du lieu a précédé l’annonce de la dissolution. (apic/lecourrier/cw)

23 septembre 2013 | 11:34
par webmaster@kath.ch
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