«Nous ne faisons pas confiance à la révolution»

Syrie: Témoignage d’une religieuse de Damas

Damas, 23 juillet 2012 (Apic) Les évacués de Damas sont de plus en plus nombreux à demander de l’aide au Sanctuaire de Tabbaleh, dans la capitale syrienne. La sœur franciscaine Yola les aide quotidiennement. Elle donne témoignage de la souffrance de la population et fait part de sa méfiance envers le mouvement révolutionnaire.

La subsistance de 45 familles, chrétiennes et musulmanes, est assurée par les frères franciscains de la Custodie de Terre Sainte et les Soeurs franciscaines missionnaires du Coeur Immaculé de Marie, qui gèrent le Sanctuaire de Tabbaleh, à Damas. Huit autres familles ont été accueillies de manière stable. Il s’agit de civils, victimes des affrontements entre l’armée régulière et les groupes révolutionnaires.

«Nous cheminons dans l’espérance et nous cherchons à les consoler tous, en ces heures tragiques» déclare, le 21 juillet, à l’agence missionnaire romaine Fides, le Frère Romualdo Fernandez, Recteur du Sanctuaire. Il indique qu’une foule de personnes viennent chaque jour prier à l’église et que des cénacles spontanés de chrétiens et de musulmans prient ensemble pour la paix et demandent la protection de Dieu et de la Vierge Marie .

Désordre, souffrance et angoisse

«Nous faisons de notre mieux pour aider les familles des évacués. Les gens pleurent et espèrent des jours meilleurs», raconte Soeur Yola, l’une des religieuses franciscaines. «Le coût de la vie est très élevé. On ne trouve plus de médicaments. L’impact de l’embargo que nous subissons se répercute entièrement sur la population civile et sur les plus pauvres», poursuit la religieuse. Nous espérons et nous prions afin que cette souffrance finisse rapidement. Nous ne faisons aucune confiance aux prétendus révolutionnaires. Quels sont les révolutionnaires qui font du mal au peuple ? Ils ont fait du mal à tous, chrétiens et musulmans. De nombreuses familles ont tout perdu».

La religion «n’a rien à voir» avec ces actions armées et cette souffrance, insiste la religieuse. «Nous avons toujours vécu côte à côte avec les musulmans et nous continuerons à le faire. Le gouvernement syrien a jusqu’ici été laïc, garantissant à la Syrie sécurité et stabilité. Aujourd’hui, nous vivons seulement dans le désordre, l’insécurité, le chaos et la souffrance. Et qu’en sera-t-il demain ? Mais nous savons, en tant que chrétiens, que Dieu nous protège et notre espérance est vivante. Et nous avons une certitude : nous n’abandonnerons jamais la Syrie». (apic/fides/rz)

23 juillet 2012 | 11:53
par webmaster@kath.ch
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