«Nous ne tuons pas nos fils, nous parlons avec eux!»

Abu Dhabi: Le grand mufti d’Egypte pour davantage de tolérance face aux défis d’internet

Abu Dhabi, 21 février 2012 (Apic) Le grand mufti d’Egypte Ali Gomaa, l’un des plus grands juristes du monde musulman sunnite, a lancé un appel à davantage de dialogue et de tolérance face aux défis que représente la croissance explosive des réseaux sociaux tels que Twitter et Facebook.

Cheikh Ali Gomaa est intervenu après que des dizaines d’appels d’internautes sur Facebook demandant l’exécution du Saoudien Hamza Kashgari, âgé de 23 ans. Le jeune journaliste a été accusé de blasphème suite à un dialogue imaginaire avec Mahomet sur Twitter. Hamza Kashgari, qui avait fui l’Arabie Saoudite, a été extradé le 12 février de Malaisie vers son pays natal, où il risque la peine de mort. Selon la loi saoudienne, en effet, le musulman mécréant encourt la mort.

«Nous ne tuons pas nos fils, nous parlons avec eux!», a-t-il déclaré lundi 20 février dans une interview avec l’édition en ligne du journal «The National», la plus importante publication en langue anglaise d’Abu Dhabi.

Dialoguer avec la jeunesse et l’accompagner

Cheikh Ali Gomaa a précisé que, s’il en avait la possibilité, il s’assiérait avec le jeune homme, «comme un père avec son fils», notamment pour établir s’il a vraiment dit ce que l’on rapporte et pour voir si ses écrits sont une forme de mauvaise conduite, l’expression d’un doute ou bien une véritable insulte.

Il estime que c’est à la justice d’enquêter pour le savoir. Pour le grand mufti, «insulter le Prophète est quelque chose qui ne doit pas être pris à la légère». Mais Cheikh Ali Gomaa, d’après ce qu’il a pu lire, estime que le journaliste saoudien était en pleine confusion et n’a trouvé personne pour partager ses doutes et y répondre. Le grand mufti reconnaît que les médias sociaux comme Twitter et Facebook représentent un grand défi pour les jeunes musulmans «qui sont maintenant entourés par une mer d’information et de désinformations». Il a un grand souci «qu’ils se perdent au milieu de toutes ces vagues». (apic/national/be)

20 février 2012 | 18:00
par webmaster@kath.ch
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