Nouvelle attaque djihadiste au Burkina Faso: cinq morts dans une église

Cinq fidèles et un pasteur ont été tués par des djihadistes dimanche 28 avril 2019 dans une église protestante dans la province du Soum, au nord du Burkina Faso. L’attaque est survenue à Silgadji, à 60 km de Djibo, chef-lieu du Soum.

Des assaillants à moto ont ouvert le feu au moment où les fidèles quittaient l’église à la fin de l’office religieux. Les terroristes islamiques assassinent régulièrement des responsables religieux, principalement dans le nord du pays, où ils sont de plus en plus présents.

Les djihadistes de plus en plus présents

Curé de Djibo, l’abbé Joël Yougbaré a été enlevé dimanche 17 mars 2019 dans la région du nord du Burkina Faso, frontalière du Mali, dans une zone infestée de djihadistes. Son cadavre a été retrouvé près de Djibo, selon des habitants de la ville, sans que l’Eglise catholique qui avait signalée sa disparition ne confirme cette information.

Le 15 février 2019, le Père César Fernandez a été tué lors d’une attaque armée attribuée à des djihadistes. Le missionnaire salésien d’origine espagnole a été assassiné avec quatre douaniers, à Nohao, à l’est du Burkina Faso. Le poste de contrôle où ils se trouvaient a été attaqué par une vingtaine de djihadistes.

Prêtres et enseignants visés

Le 26 avril 2019, six personnes, dont cinq enseignants du primaire, ont été tuées par des terroristes à Comin-Yanga, dans la province de Koulpélogo, frontalière du Togo, à l’est du pays.

En mai 2018, le catéchiste Mathieu Sawadogo et son épouse avaient été enlevés à Arbinda puis relâchés le 14 septembre. Avant eux, Pierre Boena, pasteur de l’église protestante de Béléhouro avait également été enlevé puis remis en liberté, en juin 2018. Plusieurs imams ont également été assassinés par les djihadistes dans le Nord. Selon des sources sécuritaires, ceux-ci étaient «considérés comme pas assez radicaux» par les djihadistes ou «accusés de collaborer avec les autorités».

Le Burkina Faso est confronté depuis 2015 à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières de groupes djihadistes, dont Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’Etat islamique au grand Sahara (EIGS). D’abord concentrées dans le nord du pays, ces attaques ont ensuite visé la capitale et d’autres régions, notamment l’Est, et fait depuis 2015 quelque 350 morts, selon un comptage de l’AFP. (cath.ch/ag/be)

Les soldats burkinabés font face aux attaques des djihadistes | © Jacques Berset
29 avril 2019 | 16:02
par Jacques Berset
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