Soudan: Attaques à répétition de la Lra

Nouvelles incursion des terroristes ougandais dans des villages et des camps de réfugiés

Khartoum, 8 avril 2010 (Apic) Des attaques des rebelles ougandais de la Lra ont causé ces deux derniers jours deux nouvelles victimes et plusieurs blessés dans le district d’Ezo, indique à Misna le Père Ignatius Mborihenga, secrétaire du diocèse de Tombura-Yambio qui comprend les zones affectées par les dernières violences, dans l’État d’Equatoria Occidental, à la frontière du Congo-Kinshasa.

«Prise de panique, la population est partie se cacher dans la forêt», ajoute l’interlocuteur de Misna, avant de préciser: «Des témoins ont vu des maisons brûlées et pillées, y compris dans le camp des réfugiés congolais, près d’Ezo, auxquels les assaillants ont volé des biens de première nécessité, comme de l’huile et de farine».

Selon le religieux, «après les attaques, qui surviennent presque toujours de nuit, la plupart des habitants s’enfuient de leurs villages à la tombée de la nuit et n’y reviennent que le matin suivant». Dans de telles conditions, «personne ne peut assurer le travail aux champs qui risquent de ne donner aucune récolte pour l’année prochaine», s’inquiète le secrétaire du diocèse de Tombura-Yambio, dont «les autorités sont grandement préoccupées pour les conséquences que cette recrudescence des agressions pourra entraîner sur la vie de la population locale».

Le groupe armé ougandais est connu pour ses atrocités, ses enlèvements et les mutilations qu’il fait subir à ses victimes et génère de considérables problèmes de sécurité dans toute la région. «Nous étions jusque là épargnés car il était plus difficile pour les rebelles de se cacher dans la forêt et planifier leurs attaques pendant la saison sèche – poursuit le religieux – mais maintenant que les pluies ont recommencé, la végétation dense offre une cachette idéale pour leurs hommes et leurs armes.

À défaut d’une intervention massive du gouvernement et de l’armée, les gens se retrouveront à la merci des rebelles et n’auront pas d’autres solutions que de fuir».

Depuis deux ans, la rébellion de la Lra a quitté le Nord-Ouganda où elle opérait initialement pour établir ses bases en République Démocratique du Congo, au Centrafrique et au Sud-Soudan. Ses incursions ont provoqué de décembre 2008 à décembre 2009 plus de 1500 victimes civiles. (apic/misna/pr)

8 avril 2010 | 16:17
par webmaster@kath.ch
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