Colombie: L’accord militaire avec les Etats-Unis suscite la colère des voisins

Obama sur les traces de Bush avec l’appui accordé à Uribe?

Bogota, 24 juillet 2009 (Apic) Le nouvel accord militaire entre les Etats-Unis et la Colombie de l’utra-libéral président Uribe suscite les polémiques et la colère des pays voisins, notamment. Surtout, de se concrétiser, il montrerait que le président Obama n’a guère l’intention de changer son fusil d’épaule, à propos de l’Amérique latine, en privilégiant la manière forte plutôt que la conciliation et l’apaisement.

L’attitude «agressive» de la Colombie ne fera qu’empirer les rapports tendus qu’elle entretient déjà avec certains de ses voisins si son nouvel accord avec les États-Unis, qui autorise sur son territoire l’utilisation de trois bases militaires par les forces armées américaines dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue en Amérique Latine, est mené à bon port, a averti le président vénézuélien Hugo Chavez. Ce dernier, cité par Misna, a mis l’accent sur les problèmes que la Colombie connaît avec le Nicaragua, l’Équateur et tous ses voisins, estimant que la présence de troupes américaines sur territoires colombiens, dans un endroit stratégique et sensible, contribuerait à détériorer le climat.

Chavez, qui a annoncé dès lundi la «révision» de ses rapports diplomatiques avec la Colombie, a également fait part de sa décision de modifier les relations commerciales. Les échanges entre les deux pays ont atteint en 2008 un montant de plus de sept milliards de dollars, dont six milliards découlent des exportations colombiennes.

Le président équatorien Rafael Correa a lui aussi jugé «extrêmement dangereuse» la décision de son voisin de céder ses bases aux «opérations» dites «anti-drogue» des Etats-Unis qui étaient encore coordonnées, il y a quelques semaines à peine, depuis la base militaire équatorienne de Manta, avant que le gouvernement n’ordonne aux militaires américains de quitter son territoire.

Correa a par ailleurs précisé que la concrétisation d’un tel accord constituerait un facteur de déstabilisation pour la région.

Le président de la Bolivie, Evo Morales, n’a pas non plus épargné ses critiques à l’égard de cet accord, qualifiant de «traîtres» les dirigeants latino-américains qui tolèrent l’installation de garnisons américaines sur leur territoire.

Le président colombien Alvaro Uribe a déclaré à maintes reprises que ledit accord n’avait pas pour objet d’instaurer les conditions pour agresser des pays tiers mais qu’il devait être considéré comme «une nouvelle phase du Plan Colombie» – programme de lutte contre le trafic de drogue et la guérilla lancé dans le pays en 2000 par la Maison Blanche avec un financement supérieur à six milliards de dollars. Un «Plan Colombie par ailleurs décrié depuis sa création. (apic/misna/pr)

24 juillet 2009 | 16:23
par webmaster@kath.ch
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