Afrique du Sud: Les Eglises du pays luttent contre les attaques xénophobes
Occultées pendant un mois par le ballon rond
Le Cap, 14 juillet 2010 (Apic) Le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud (SACC) indique qu’il prend des mesures dans les neuf provinces du pays pour aider les personnes qui pourraient être la cible d’actes de xénophobie, à la suite des attaques perpétrées dans la province du Cap occidental.
«Nous allons établir une permanence téléphonique où nous recueillerons les plaintes de toute personne menacée», a expliqué Eddie Makue, secrétaire général du SACC, qui rassemble 27 organisations membres des traditions anglicane, orthodoxe et protestante, ainsi que des évêques catholiques romains.
Les organisations de défense des droits humains estiment qu’environ trois millions de Zimbabwéens ont fui les difficultés économiques et l’oppression politique dans leur pays pour venir chercher du travail dans l’Afrique du Sud voisine, qui connaît elle-même un taux de chômage élevé.
L’annonce, le 9 juillet, que la permanence téléphonique serait opérationnelle quatre jours plus tard pour tenter de prévenir les actes de violence a été faite alors qu’on observait que de nombreux Zimbabwéens en Afrique du Sud, en particulier au Cap, avaient pris la route, chargés de leurs effets personnels, pour quitter l’Afrique du Sud et rentrer dans leur pays malgré les troubles.
Le gouvernement sud-africain s’est aussitôt efforcé de minimiser l’importance des rapports faisant état de violences xénophobes. La police ainsi que le ministre Nathi Mthethwa, président du Comité interministériel sur la xénophobie, ont révélé des plans prévoyant de s’attaquer au problème et de l’éliminer s’il se manifestait après la fin de la Coupe du monde de football 2010.
L’organisation «Solidarity Peace Trust», soutenue par les Eglises, a prié instamment les autorités, et en particulier la police, de réagir fermement aux menaces largement répandues et d’agir immédiatement contre ceux qui fomentent la violence.
«L’organisation appelle les Eglises et les dirigeants communautaires à s’unir contre les attaques xénophobes et à exiger que les étrangers bénéficient de la protection à laquelle ils ont droit», a indiqué le groupe cité par l’Agence ENI. «Nous soutenons le point de vue du Conseil des Eglises d’Afrique du Sud selon lequel les menaces de violence xénophobe ne sont pas basées sur des rumeurs infondées, comme l’affirment certains départements gouvernementaux.»
L’organisation «Solidarity Peace Trust» a ajouté que si les autorités sud-africaines ne prennent pas au sérieux les nouvelles menaces de violence, les événements de 2008 risquent de se répéter: à l’époque, au moins 62 personnes étaient mortes à la suite d’agressions et plus de 100’000 avaient été déplacées.
Le lauréat du Prix Nobel de la paix Desmond Tutu, ancien archevêque du Cap, a aussi plaidé pour que le gouvernement empêche toute nouvelle attaque xénophobe. L’archevêque Buti Tlhagale, président de la Conférence des évêques catholiques d’Afrique australe, a pour sa part déclaré: «Nous appelons le gouvernement et les communautés à tous les niveaux à faire face à la question de la violence d’une manière proactive et productive, afin d’établir la paix et la tolérance.»
Le Forum national des responsables religieux, qui comprend des dirigeants musulmans, juifs, bouddhistes, hindous et baha’is ainsi que des représentants des Eglises chrétiennes, a rencontré le président Jacob Zuma à Pretoria le 1er juillet pour discuter du danger de ces attaques xénophobes. (apic/eni/pr)



