oeku est l’organe de consultation de la CES et de la FEPS pour les questions écologiques
Suisse: L’ONG «oeku Eglise et environnement» opposée aux nouvelles centrales nucléaires
Berne, 25 novembre 2010 (Apic) L’association «oeku Eglise et environnement» à Berne, qui regroupe plus de 600 paroisses, dit non aux nouvelles centrales nucléaires. Bien que l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire IFSN considère que les trois sites de Mühleberg, Gösgen et Beznau sont appropriés, oeku Eglise et environnement recommande de refuser les nouvelles centrales nucléaires lors des votations à ce sujet, peut-on lire dans un communiqué publié jeudi 25 novembre.
oeku est reconnue en qualité d’organe de consultation pour les questions écologiques par la Conférence des évêques suisses (CES) et la Fédération des Eglises Protestantes de Suisse (FEPS).
Des arguments relevant de l’éthique, de l’économie et de la politique de sécurité s’y opposent, estime l’association œcuménique. «L’avenir appartient à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables», insiste-t-elle. D’ici fin mars 2011 les cantons se prononceront sur les demandes d’autorisation concernant la construction de nouvelles centrales nucléaires – des votations sont prévues dans les cantons de Vaud, de Berne et du Jura.
«oeku Eglise et environnement» oppose à de nouvelles centrales nucléaires des arguments éthiques de principe:
– Le stockage des déchets hautement radioactifs n’est même pas assuré pour les centrales nucléaires existantes. Autoriser de nouvelles centrales remet en cause la démarche en cours, à savoir trouver un site de stockage.
– L’énergie nucléaire va à l’encontre de la justice entre les générations: une seule génération profite pendant quelques décennies de ce type de production de courant. Les générations futures ont quant à elles pour tâche de surveiller pendant des millénaires les déchets hautement toxiques.
– L’utilisation de l’énergie nucléaire s’associe à des risques majeurs. Un gros accident a des conséquences catastrophiques, comme l’a montré l’exemple de Tchernobyl. Un accident ne peut pas être exclu, même si les réacteurs sont neufs. Le risque d’attentats terroristes doit être également pris en compte.
– L’énergie nucléaire n’est pas renouvelable. Comme le pétrole, l’uranium doit être importé de l’étranger, et c’est une matière première limitée.
– L’extraction de l’uranium et la fabrication des éléments de combustion occasionnent d’énormes préjudices écologiques et sanitaires pour la population concernée, comme en témoignent des exemples actuels.
– Il existe des alternatives praticables sur le plan économique qui ont moins d’inconvénients que les centrales nucléaires. Diverses études – dont le scénario IV de l’Office fédéral de l’énergie – montrent que l’approvisionnement en courant peut être assuré sans nouvelles centrales nucléaires. «S’engager dans cette voie est une question de volonté politique», insiste oeku.
L’association chrétienne relève encore que, dans le contexte de la libéralisation du marché de l’électricité, des progrès de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, il faille s’attendre à ce que les investissements dans de nouvelles centrales nucléaires dont l’entrée en fonction est postérieure à 2030 ne soient pas rentables économiquement.
«oeku Eglise et environnement» est convaincue que l’avenir appartient à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables. La durée des centrales nucléaires existantes doit être mise à profit pour abaisser la consommation de courant par des mesures ciblées et pour encourager les énergies renouvelables. L’association recommande aux votants du canton de Berne de montrer l’exemple, de refuser la nouvelle centrale de Mühleberg et d’accepter la loi cantonale sur l’énergie ainsi que la taxe d’incitation sur le courant. Plus de 600 paroisses, organisations liées à l’Eglise et un grand nombre de personnes sont membres de l’association «oeku Eglise et environnement», créée en 1986. (apic/com/be)



