OFFRANDE DU JEUNE FEDERAL Quatre oeuvres associées pour un appel à la

solidarité avec les «femmes, actrices du développement»

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(SPP / 07.09.1994) Le dimanche 18 septembre prochain marquera la 37

ème édition de l’action «Notre Jeûne fédéral», depuis sa création en 1957.

Comme chaque année, par cette action, «nous sommes invités, autorités

civiles et religieuses en tete, à consentir ce jour-là un sacrifice pour

le tiers monde, c’est-à-dire avec ceux qui n’ont pas les privilèges

helvétiques». Le produit des collectes des cultes et messes, des appels

aux donateurs privés ou collectifs (communes, entreprises, etc.)

seront alloués à des projets centrés sur le thème «Femmes, actrices du

développement». Alors que la tradition de l’offrande du Jeûne semble

s’essouffler ces dernières années, quatre oeuvres s’associent pour mieux

motiver le public romand, et ce de la manière la plus oecuménique qui

soit, puisqu’il s’agit d’une oeuvre protestante: Pain pour le prochain,

une catholique: Action de Carême, et deux oeuvres laïques: Swissaid et

Helvetas.

Lors d’une conférence de presse, mercredi 7 septembre à Lausanne, le

comité vaudois du Jeûne fédéral a présenté l’action projetée pour

1994. Le président du Comité intercantonal romand du Jeûne fédéral, le

conseiller synodal vaudois Jean-Daniel Cruchaud, n’a pas caché que «la

tradition du don du Jeûne s’est quelque peu érodée.» C’est pourquoi,

depuis deux ans, les responsables de cette action ont tenté de mieux

cibler leur campagne, en interpellant notamment des collectivités,

comme des communes ou des entreprises, et en écrivant aux députés. Et de

s’étonner que certaines grandes banques ou entreprises

multinationales se récusent sous prétextes de crise économique «alors meme

qu’elles annoncent des bénéfices indécents». Les Etats cantonaux continuent

cependant à soutenir l’action du Jeûne, puisque le Grand Conseil

neuchâtelois avait voté un don de 235 000 francs en 1993. Le canton de

Genève avait offert cette année-là la somme de 60 000 francs et le

canton de Vaud 30 000 francs. Il faudra pourtant que les donateurs privés

ou collectifs se mobilisent puisque ce sont 611 000 francs au total dont

les quatre oeuvres participantes ont besoin pour réaliser leurs projets de

développement. Pain pour le prochain se propose d’animer une action de

soutien aux petits paysans des Philippines. Présente depuis 17 ans dans

ce pays, elle co-finance avec l’Entraide protestante suisse (EPER) des

projets de formation dans les domaines de la santé, de l’écologie, de

la gestion, de l’obtention de petits crédits, etc. L’objectif est de

permettre aux paysans d’»appendre à entreprendre». Ce programme

d’action et particulièrement orienté vers les femmes dont le rôle est

capital pour le développement dans la société philippine. Il s’agit ici

de favoriser la lutte contre la malnutrition, la mortalité

infantile et le manque d’hygiène, d’offrir une formation aux

technologies appropriées pour l’approvisionnement alimentaire et de

créer des coopératives, des élevages, des petits commerces. Le projet aura

besoin d’une contribution de 160 000 francs. L’Action de Carême vise à

promouvoir l’indépendance et la prise de responsabilités des femmes

dans la région de Compostela Valley, également aux Philippines. Les

femmes y ont créé en 1985 un réseau intitulé «Gabriella» qui regroupe

plus de 200 associations. Ce réseau encourage les femmes à prendre

confiance en elles par l’éducation et la formation, par une assistance

juridique et psychologique, par des activités socio-économiques et des

actions dites «en faveur du bien-être des femmes», telles la mise sur pied

de garderies d’enfants ou de dispensaires pour femmes battues. Le montant

nécessaire est de 132 000 francs. Swissaid se penche quant à elle sur

la situation économiquement désastreuse du Nicaragua. Le chomage y

atteint 60 %, le revenu agricole ne couvre que 18 % des besoins

vitaux alors que 60 % de la population souffre de sous-alimentation.

Dans cette situation dramatique, les femmes assument souvent les

charges familiales, car les hommes sont absents une grande partie de

l’année, tributaires qu’ils sont des cycles des trois principales

cultures du pays: café, coton et bananes. Or une organisation baptisée

«Ixchen», du nom de la déesse maya de la fertilité, mène justement une

action en faveur de la femme au Nicaragua. Outre la «Maison de la

femme», qui offre une assistance juridique aux femmes battues, cette

organisation traite de problèmes dans le domaine de la santé en soutenant

une «unité mobile» qui parcourt les villages pour dispenser soins et

conseils médicaux. Ixchen souhaite mettre sur pied des «centres-relais»

afin d’étendre son action à d’autres villages, et créer un

véritable réseau d’animatrices para-médicales. Swissaid soutient ce projet

pour 169 000 francs. Helvetas appuie pour sa part l’organisation

féminine «CE-Mujer» en République Dominicaine. Ce centre de solidarité

pour le développement de la femme s’engage en faveur des femmes

défavorisées vivant en milieu rural. Par un travail d’information, des

conseils techniques et la mise à disposition de crédits, il les aide à

s’organiser et à réaliser de petits projets. Le programme comporte

également un volet culturel, par lequel il s’agit de permettre aux femmes

de s’affirmer culturellement et de préserver les valeurs culturelles

locales. Pour mener à bien ce plan d’activités, Helvetas a besoin de 130

000 francs. Les numéros de comptes de chêques sont pour le canton de

Neuchâtel: 20-5038-1 ; pour le canton de Genève: 12-4010-2 ; et pour le

canton de Vaud: 10-5230-7. (SPP/jms)

7 septembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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