Berne: Amnesty International organise un Marathon de lettres pour les prisonniers chinois

Offrir la liberté dans une enveloppe

Berne, 2 décembre 2010 (Apic) Amnesty International lance un nouveau Marathon de lettres du 2 au 16 décembre. L’objectif? Faire libérer Mao Hengfeng, militante chinoise pour les droits de la femme, aujourd’hui incarcérée dans un camp de « rééducation par le travail ».

L’organisation de lutte pour les droits humains s’engage cette année pour Mao Hengfeng, ainsi que pour les 200’000 prisonnières et prisonniers politiques détenus arbitrairement en Chine. Mao Hengfeng est la mère de trois enfants, condamnée plusieurs fois pour son engagements en faveur des droits de la femme et pour son soutien envers d’autres défenseurs des droits humains. Elle a été condamnée en mars dernier à dix-huit mois de détention dans un camp de « rééducation par le travail » pour avoir publiquement manifesté pour la liberté d’expression en Chine. Ayant déjà été torturée lors de précédentes arrestations, Mao Hengfeng est aujourd’hui en danger. C’est pourquoi Amnesty International organise un Marathon de lettres en sa faveur.

Les lettres récoltées lors des Marathons sont envoyées aux gouvernements responsables d’arrestations arbitraires, de tortures et de mauvais traitements. Elles ont pour objectif la libération des prisonniers et prisonnières d’opinion. Dans presque la moitié des cas, l’action se révèle efficace, permettant l’amélioration de la situation des personnes en danger, voire leur libération. Il en a été ainsi de l’écrivain et bloggeur égyptien Musaad Abu Fagr, libéré suite à la campagne de l’an dernier. Plus de 700’000 lettres avaient été envoyées au gouvernement, dont 37’000 de Suisse.

Le Marathon en Suisse

En Suisse, des stands seront organisés dans la rue, les écoles, les cafés ou les églises. A l’occasion du Marathon de lettres, le défenseur des droits humains tunisien Mouhieddine Cherbib témoignera dans de nombreuses écoles de Suisse romande.

Mouhieddine Cherbib est un défenseur des droits humains exilé en France. Depuis 35 ans, il milite pour le droit des travailleuses et travailleurs immigrés dans ce pays. Il est membre fondateur du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) et l’animateur du comité de soutien au mouvement social du Bassin minier de Gafsa en France (1). A ce titre, il a été condamné par contumace en 2009 en Tunisie à deux ans de prison pour «assistance financière à une association de malfaiteurs», avec les autres responsables de ce mouvement.

(1) Le mouvement social du Bassin minier de Gafsa est une mobilisation de lycéens, étudiants, ouvriers, mères de famille qui multiplient grèves et manifestations pour protester contre «le modèle économique tunisien», caractérisé par le chômage, la corruption et la flambée des prix. Alors que le minerai extrait dans le bassin fait de la Tunisie le quatrième producteur mondial de phosphate, la région est restée l’une des plus pauvres du pays. Le gouvernement tunisien tente depuis plusieurs mois d’étouffer la mobilisation. (apic/com/amc)

2 décembre 2010 | 11:39
par webmaster@kath.ch
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