Document de la KEK, qui interroge Bruxelles

OGM: Un remède contre la faim ou un moyen de faire de l’argent pour les multinationales?

Genève, 1er février 2002 (APIC) Les Organismes génétiquement modifiés représentent-ils un remède contre la faim dans le monde, comme le laisse souvent croire les multinationales, ou ne sont-elles qu’un gros profit pour ces dernières? La Conférence des Eglises européennes s’est penché sur la question, à travers un document publié en ce début février, sur la base d’un rapport élaboré en janvier. La KEK interroge Bruxelles sur la question. Vaste débat.

Quelles sont les questions soulevées par les récoltes et l’alimentation génétiquement modifiées (OGM)? Les Eglises européennes ont étudié ces questions depuis le début des années 90. Un rapport sur «l’alimentation génétiquement modifiée», recommandé en janvier par le Comité exécutif de la Commission Eglise et Société de la Conférence des Eglises européennes (KEK), cherche à identifier les points de consensus général ainsi que les aspects sur lesquels les Eglises divergent.

Ce rapport a été écrit par le groupe de travail sur la bioéthique et les biotechnologies de la Commission Eglise et Société, qui comprend des spécialistes dans des domaines tels que la médecine, la génétique, la bio- chimie, la théologie, l’éthique et le droit.

D’emblée, le document évite la diabolisation facile de la biotechnologie moderne: «Nous proposons une théologie de la création qui cherche l’équilibre entre une intervention humaine admissible et la nécessaire limitation imposée par le souci de l’être humain et des autres aspects de l’ordre créé par Dieu. Dans ce contexte, nous ne partageons pas l’idée que la modification génétique est inacceptable en elle-même parce qu’elle serait davantage ’contraire à la nature’ que l’élevage à base de sélection. Plutôt que de tracer une ligne entre les deux, nous préférerions poser des limites éthiques à l’intérieur de chaque domaine».

«Tandis que nous ne voyons pas les raisons d’une opposition de principe à la modification génétique, nous n’approuvons pas l’acceptation non-critique de tous ses aspects». C’est pourquoi le rapport souligne certains des caractères problématiques des OGM, tels que des menaces possibles pour la biodiversité. Que le rapport cite en une vingtaine de points.

Encore trop de questions

S’il faut prendre au sérieux les arguments de la Communauté européenne au sujet des OGM comme étant un moyen de parvenir à «nourrir le monde», relève la KEK, il est nécessaire de réorienter radicalement les priorités de la recherche sur les OGM, de diriger les compétences vers la recherche de réelles solutions au problème de la faim dans les pays en développement.

Pour la KEK; cette question de «nourrir le monde» fait partie d’un enjeu bien plus large de justice globale, ce qui renforce la nécessité pour la Communauté européenne de jouer un rôle plus important sur la scène mondiale, pour établir des règles équitables et claires visant à aider les pauvres à se nourrir eux-mêmes. (apic/com/pr)

1 février 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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