Ombres et lumières des «printemps arabes»
Maroc: Un colloque sur les possibilités de «renouveau du dialogue islamo-chrétien»
Rabat, 5 mai 2014 (Apic) Un dialogue islamo-chrétien «en panne», «en crise». Les qualificatifs étaient plutôt sombres de la part des intervenants au colloque sur le « renouveau du dialogue islamo-chrétien», qui s’est déroulé du 2 au 3 mai 2014, à Rabat, la capitale du Maroc, rapporte le site internet du quotidien français «La Croix». Musulmans et chrétiens de France, du Maghreb ou du Proche-Orient ont souligné la nouvelle donne, souvent négative mais aussi parfois porteuse d’espoirs, créée par les «printemps arabes».
Les participants à la rencontre, organisée par le Collège des Bernardins et la «Fondation du roi Abdul-Aziz» au Maroc, ont présenté un dialogue islamo-chrétien victime des crispations identitaires suscitées par la mondialisation. «Après une première phase, dans la foulée de Vatican II, marquée par la réconciliation et la fraternité, ce dialogue est entré dans une seconde phase avec le 11 septembre 2001», a rappelé le Père Fadi Daou, directeur de la Fondation Adyan au Liban.
Aujourd’hui, les « printemps arabes » ont précipité ce dialogue dans une nouvelle étape. Mais à peine trois ans après le déclenchement des premières manifestations, les intervenants en ont davantage mesuré les défis que les avancées: quête irrépressible de dignité et de justice sociale, mais aussi mise au jour de divergences profondes au sein de l’islam – entre sunnites et chiites, entre islam conservateur, islam politique et islam «en dialogue avec la modernité» – le tout dans un contexte de libération de la parole.
Les religions peuvent enrichir la démocratie
Le dialogue islamo-chrétien pourrait, à certaines conditions, bénéficier de ce nouveau contexte qui, selon Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, ouvre des perspectives. Avec d’autres, il souhaiterait que ce dialogue appuie la recherche d’une «citoyenneté inclusive» dans le monde arabe, dépassant les traditionnels rapports entre majorité et minorités.
Tout en portant un regard assez sévère sur le bilan de certains «printemps arabes», le professeur de religions comparées à l’université tunisienne de la Manouba, Abderrazak Sayadi, voit comme une lueur d’espoir la récente consécration de la liberté de conscience par la nouvelle Constitution tunisienne.
A condition d’accepter elles-mêmes de se plier au jeu démocratique, et donc de proposer plus que d’imposer leur « absolu », les religions peuvent même concourir à renouveler et enrichir la démocratie, a affirmé Jean-Baptiste de Foucauld, économiste et philosophe. (apic/cx/rz)
Pour lire l’article sur le site de «La Croix»:
http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Un-colloque-au-Maroc-sur-le-dialogue-islamo-chretien-2014-05-04-1145430?xtor=EPR-9-[1300628995]



