Le jeu des compagnies transnationales
OMC: Les objectifs contradictoires du Conseil fédéral
Berne, 18 novembre 1999 (APIC) Le mandat de négociation que le Conseil fédéral a arrêté pour la Conférence ministérielle de l´OMC fait apparaître des objectifs contradictoires. Il ne supprimera pas la discrimination des pays en développement, ni les effets négatifs sur le plan social et écologique de l’importante liberté du commerce octroyée aujourd’hui, critique la Communauté de travail Swissaid/Action de carême/Pain pour le prochain/Helvetas/Caritas.
Le Conseil fédéral entend ouvrir encore plus largement l’accès au marché pour les entreprises actives à l’échelon mondial tout en renforçant la capacité des gouvernements «à contrôler le processus de globalisation». Pour les œuvres d’entraide, il est toutefois impossible de courir ces deux lièvres à la fois! Plus le marché mondial est préparé à répondre aux desiderata des grandes compagnies transnationales, plus la marge de manoeuvre des gouvernements est étroite.
Il faut certes saluer le fait que le Conseil fédéral souhaite «prendre en compte» les besoins des pays en développement. Il n’arrête cependant pas de conceptions concrètes à ce sujet. Les organisations d’entraide ont par conséquent la nette impression que le pivot du mandat de négociation tourne autour des voeux d’accès au marché formulés par les entreprises et qu’il range les autres préoccupations dans un «soft agenda» destiné à apaiser les critiques. Or, poursuit la Communauté de travail, il s’agit précisément là des préoccupations urgentes sur lesquelles il faudrait plancher lors d’une «ronde de développement».
Le Conseil fédéral a finalement décidé de conférer un poids particulier au rapport entre les normes commerciales et les questions écologiques et sociales. Mais, estime la Communauté, les contradictions qui existent entre la liberté du commerce et les conventions internationales sur les problèmes écologiques et sociaux ne pourront être gommées que si les règles de l´OMC sont totalement ou partiellement subordonnées à ces conventions. «C’est précisément ce que les Etats-Unis et l’Union européenne refusent». (apic/com/pr)




