Etats-Unis: Démission de l’archevêque grec-orthodoxe Spyridon

On peut obtenir des photos de Jacques Antoine de Preux et de sa famille à l’agence APIC.

Son successeur déjà nommé par le patriarcheBartholomée Ier

New York, 22 août 1999 (APIC) L’archevêque Spyridon qui jusqu’ici était à la tête l’archidiocèse grec-orthodoxe d’Amérique a donné sa démission. Il a finalement cédé à la demande des cinq métropolites de l’Eglise grecque orthodoxe des Etats-Unis qui avaient demandé son départ. Les métropolites lui reprochaient avant tout son attitude très autoritaire. Le Patriarcat oecuménique a immédiatement réagi en nommant le métropolite Demetrios de Vresthena, en Grèce, à la tête de l’archidiocèse.

L’archevêque Spyridon a annoncé sa décision jeudi dernier en précisant qu’il avait présenté sa démission «qui prendra effet le 30 août» au patriarche oecuménique Bartholomée Ier à Istanbul, l’archidiocèse grec-orthodoxe d’Amérique dépendant de sa juridiction.

Dans sa déclaration, l’archevêque Spyridon a souligné qu’il démissionnait «pour des raisons totalement indépendantes de ses intentions personnelles», ce qui indique, comme le font remarquer certains observateurs, que l’archevêque ne se retire pas de son plein gré. En juillet, lors d’une rencontre avec les responsables du Patriarcat, un ultimatum d’un mois lui avait été donné pour régler ses divergences avec plusieurs paroisses qui critiquaient sa gestion. Déjà en janvier les cinq métropolites – évêques – de l’Eglise grecque-orthodoxe aux Etats-Unis avaient réclamé le départ de l’archevêque, en déplorant «le climat suffocant de crainte, de suspicion, d’insécurité, de manque de confiance et d’esprit vindicatif», régnant dans l’archidiocèse.

Les laïcs aussi

En mars de l’an dernier, un groupe dissident de laïcs grecs- orthodoxes d’Amérique (GOAL), avait également appelé l’archevêque Spyridon à changer sa façon de diriger ou à démissionner, lui reprochant d’agir de façon autoritaire et de n’avoir pas suffisamment consulté les laïcs depuis sa nomination. Le GOAL avait suggéré que le Patriarcat oecuménique affecte l’archevêque à d’autres fonctions s’il ne démissionnait pas volontairement. Le GOAL avait aussi soulevé le problème de la gestion des finances de l’archidiocèse et demandé des mesures «pour restaurer la confiance dans l’administration des finances».

Lorsque Spyridon avait été nommé en 1996 pour succéder à l’archevêque Iakovos, qui avait été à la tête de l’Eglise durant 36 ans, sa nomination avait été en général bien accueillie aux Etats-Unis car c’était la premièère fois que l’Eglise grecque-orthodoxe allait être présidée par un archevêque né en Amérique. Pourtant, très vite, les critiques ont fusé contre sa façon autoritaire de diriger son archidiocèse.

Dans une déclaration, le GOAL a souligné que l’élection du métropolite Demetrios comme successeur de l’archevêque Spyridon «a réglé la crise de la direction de notre Eglise, et répond aux besoins immédiats et futurs de notre archidiocèse». Toujours selon le GOAL, Demetrios est «un homme d’une profonde spiritualité et d’une grande force intellectuelle ainsi qu’un théologien connu mondialement qui possède une profonde connaissance de notre Eglise».

Le métropolite Demetrios a enseigné à l’Institut de théologie d’Harvard (Harvard Divinity School) et à celui de Brookline (Holy Cross School of Theology), l’un des deux Instituts qui préparent les étudiants grecs-orthodoxes à la prêtrise aux Etats-Unis. (apic/eni/ba)

22 août 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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