800 millions d’êtres humains ont faim
ONU: Journée Mondiale de l’Alimentation
New York, 16 octobre 2003 (Apic) Chaque matin, 800 millions de personnes dans les pays pauvres s’éveillent affamés. Un paradoxe de l’humanité à une époque où la production de nourriture n’est pas un problème pour de nombreux pays, grâce à un extraordinaire développement des techniques agricoles. Une contradiction qui a été rappelée le 16 octobre, Journée Mondiale de l’Alimentation, par le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan.
Le sommet mondial de l’alimentation tenu en 1996 à Rome avait fixé l’objectif de diminuer de moitié le nombre des affamés d’ici 2015. Cinq ans plus tard, ces mêmes objectifs sont maintenus, malgré les premiers résultats décourageants. «Ces objectifs sont notre défi» a affirmé le secrétaire général des Nations Unies, «mais ils peuvent être atteints».
«Leur mise en oeuvre nécessite des interventions sur plusieurs fronts pour faire croître la production alimentaire et améliorer sa distribution» a ajouté le secrétaire général dans un communiqué, ajoutant que la sécurité alimentaire est liée à l’éducation, à l’hygiène, à la parité des sexes, au développement environnemental et au contrôle des maladies infectieuses.
Un plan complexe que Kofi Annan appelle «Alliance internationale contre la faim » censé unir les gouvernements, les organisations internationales, les acteurs de la société civile, rappelle l’agence de presse missionnaire MISNA.
Famine, maladie et guerre
En attendant cette mobilisation générale, au Liberia, des centaines de milliers de déplacés ne reçoivent pas encore recevoir les aides alimentaires des organisations humanitaires, comme le réfère le Programme Alimentaire Mondial (PAM). La persistance de l’insécurité, malgré les accords de paix ayant mis fin à 14 ans de guerre civile, empêchent les humanitaires de faire leur travail.
La famine et la guerre sont un binôme apocalyptique. A cause de l’insécurité, dans le district de Teso, en Ouganda, 290’000 réfugiés ne reçoivent pas de nourriture. Mais la famine est également le résultat d’une mauvaise gouvernance, comme le savent bien les 680’000 Nord-coréens qui subiront la réduction des rations gouvernementales, surtout celles destinées aux personnes âgées.
Loin de l’objectif
Trois cent mille autres personnes en Erythrée et dans les pays voisins de la Corne de l’Afrique n’ont plus que la moitié des rations alimentaires du PAM, dénonce l’agence onusienne qui, encore une fois, profite de l’occasion pour solliciter davantage de financements internationaux.
Plus de 4 milliards de dollars dont nécessaires pour rassasier au moins 110 millions de personnes, mais le PAM rappelle n’en avoir que le 15 %. Les victimes meurent de faim mais aussi de malnutrition. En Haïti, 6’000 malades du sida ne sont pas nourris comme il se doit, ce qui accélère leur dégradation physique. L’UNICEF souligne que la carence d’iode augmente sensiblement le risque de retard mental et les problèmes d’apprentissage chez les plus petits enfants. (apic/misna/sh)



