Trafics de passeurs et commerce du sexe
ONU: Situation préoccupante des migrants au Mexique et Philippines
Genève, 11 avril 2003 (Apic) La Rapporteuse spéciale sur les droits de l’homme des migrants à l’ONU, Gabriela Rodriguez Pizarro, a tiré hier la sonnette d’alarme concernant le Mexique et les Philippines. Lors de la rencontre de la Commission des Droits de l’Homme, elle a dénoncé le trafic organisé par les groupes de passeurs et la traite des migrantes, notamment dans le commerce du sexe.
La Rapporteuse spéciale a dénoncé les risques auxquels sont exposés les migrants mexicains: rançonnements, mauvais traitements et sévices sexuels infligés par des groupes criminels et des trafiquants. L’un des problèmes les plus graves décelé par Gabriela Rodriguez Pizarro au cours de sa visite est celui de la corruption, étroitement liée à la criminalité transnationale organisée, en particulier au trafic des migrants.
Selon la Rapporteuse spéciale, rares sont les migrants mexicains en partance vers les Etats-Unis qui évitent les rançons, l’abandon, la duperie ou les brutalités de la part de leurs passeurs. Ceux qui passent arrivent dans un état psychique et physique très précaire et ne possèdent rien que ce qu’ils portaient sur eux.
Des migrantes philippines exposées au commerce sexuel
De sa visite aux Philippines, Gabriela Rodriguez Pizarro rapporte que 7,4 millions des citoyens, soit environ 10% de la population totale, travaillent dans plus de 150 pays sur pratiquement tous les continents. Les femmes représentent la majorité des migrants récents. La Rapporteuse note avec préoccupation que les migrantes philippines sont très exposées à l’exploitation sexuelle, à la traite et à l’introduction clandestine. Elles sont souvent engagées comme artistes de cabaret ou deviennent «épouses par correspondance». Aucun des mécanismes établis par le gouvernement philippin ne permet de protéger les droits et la dignité des migrantes contre les pratiques liées à la lucrative industrie du sexe.
Gabriela Rodriguez Pizarro a également exprimé son inquiétude face à la privation de liberté et surtout à la détention administrative et aux violences que les migrants subissent un peu partout dans le monde. Elle se dit préoccupée face aux méthodes utilisées par les pays riches pour lutter contre l’immigration irrégulière. Ces mesures ne tiennent souvent pas compte des droits humains fondamentaux et visent à criminaliser les migrants. (apic/iac/bb)




