Le cynisme des chefs islamiques
ONU: Une Iranienne dénonce les viols systématiques dans les prisons de son pays
Genève, 1er juillet 2001 (APIC) Soraya Dalaian, ancienne prisonnière iranienne s’est entretenue vendredi 29 juin avec le Rapporteur spécial de l’ONU pour dénoncer le viol systématique des prisonnières sous le régime des Mollahs et le cynisme des chefs religieux eux-mêmes. Ell a également affirmé que les violations des droits de l’homme sont monnaie courante sous le régime de Khatami.
Soraya Dalaian a été détenue en 1997 pour avoir aidé une famille amie juive à vendre une propriété. Jamais elle n’a été jugée ni condamnée. Elle a souffert toutes sortes de torture pendant 16 mois à la prison d’Evin, au nord de Téhéran, connue pour les souffrances infligées à ses détenus.
Avec les autres 26 prisonnières avec qui elle partageait les 12 m2 de la cellule, elle a vécu le froid, la faim, le manque d’hygiène, les tortures et les viols. Chacune racontait aux autres ce qu’on lui faisait subir. Soraya Dalaian a présenté tous ces cas lors d’un entretien avec Maurice Damby Copithorne, représentant spécial des Droits de l’Homme aux Nations Unies. Elle est en Suisse depuis 6 mois et elle espère obtenir l’asile politique. L’expérience à Evin a fait d’elle une combattante. Elle est décidée à faire justice et plus rien ne lui fait peur. Elle sait déjà qu’à cause d’elle, sa soeur est en prison.
Soraya Dalaian a été témoin du cynisme des autorités islamiques, qui ont pratiqué le viol des filles qui allaient être exécutées «pour les soulager». Elle a également entendu la prière d’un mollah avant de violer une très belle femme.
Comme les viols sont systématiques et les jeunes femmes sont celles qui souffrent le plus, les grossesses sont à éviter et les autorités des prisons s’en chargent. Soraya Dalaian dénonce l’assassinat d’un bébé par les responsables de la prison, dans le but d’effacer les preuves des viols commis contre une femme décidée à aller en justice.
Les enfants nés après les viols ou les enfants détenus avec leurs mères subissent les mêmes traitements que les adultes, selon Soraya Dalaian. Elle explique que parfois leurs mères sont exécutées ou transférées. Ces enfants restent seuls avec les autres détenues. Selon le témoignage de l’ancienne prisonnière, les Mollahs prétendent que ces enfants appartiennent à une génération diabolique.
Image de l’Iran démocratique contre des contrats juteux
Le «Committee in Defence of Struggle», fondé par Freidoum Gilani, ancien prisonnier politique et journaliste membre du Pen Club, travaille pour révéler la souffrance des Iraniens dans leur propre pays. Freidoum Gilani dénonce la position des pays occidentaux qui vendent l’image de l’Iran démocratique en échange des contrats en industrie chimique, en armement et dans l’alimentation. Lors sa dernière visite en Allemagne en 2000, Mohammad Khatami, président iranien élu triomphalement il y a quelques semaines, a signé des contrats pour 5 milliards de dollars, a rappelé F. Gilani, qui cite également une déclaration de l’ambassadeur d’Iran en Russie, dans laquelle il annonce des contrats pour 7 milliards de dollars.
Selon F. Gilani – qui affirme être en vie grâce à l’intervention de Günther Grass -, la situation politique iranienne est loin d’être une démocratie. Il a lu à la presse la déclaration que Mousavi, responsable de la prison au nord d’Iran, a faite dans le journal iranien Resalat le 15 novembre 2000: «chaque 30 secondes, deux Iraniens sont emprisonnés».
Selon le journal Kanan du 19 novembre 2000, 756’000 iraniens vivent dans les prisons du pays; on estime que 100’000 d’entre eux sont des trafiquants et le reste des prisonniers politiques. La majorité de la population dans les prisons est formée d’intellectuels et d’universitaires.
Dans une réalité complexe, où les intérêts économiques des nations plus riches se mêlent à la réalité nationale, la population iranienne devient otage d’une stratégie géo-politique. Ce peuple a connu, au cours de son histoire, la culture persane, le commerce des drogues, les grands empires et les somptueux palais, les caravanes de marchands, les islamiques fanatiques, la grande littérature philosophique et la répression des intellectuels.
F. Gilani et S. Dalaian ne voient qu’une seule solution à la terrible situation actuelle: la démocratie réelle. (apic/iac/bb)



