Querelle entre les patriarcats de Constatinople et de Jérusalem
Orthodoxie: sanctions contre le patriarche de Jérusalem (020893)
Istanbul, 2août(APIC) Le nom du patriarche orthodoxe-grec de Jérusalem,
Mgr Diodoros, sera désormais rayé de la liste des chefs de l’orthodoxie lue
au canon de la messe. Cette décision a été prise par le synode des partriarcats orthodoxes de Constantinople et d’Alexandrie et des Eglises de Grèce
et de Chypre, réuni au Phanar à Istanbul, les 30 et 31 juillet.
L’origine de cette sanction est un «putsch» contre l’autorité du patriarche de Constantinople. L’archevêque orthodoxe Esychios d’Australie a décidé en effet de quitter la juridiction du partriarche Bartholomée Ier de
Constantinople pour se soumettre à celle de Jérusalem. Le même processus
s’est passé avec l’Eglise orthodoxe du Kenya. L’initateur de cette action
est l’archevêque Thimotheos, secrétaire général du patriarcat de Jérusalem.
Les évêques réunis au Phanar ont réagi par la supension de Mgr Thimothéos, de Mgr Esychios et de quatre de ses prêtres et leur réduction à l’état
de moine. La sanction «liturgique» contre le patriarche de Jérusalem durera
jusqu’à Noël. D’ici là, les autres évêques orthodoxes-grecs n’ont pas le
droit d’échanger la moindre correspondance avec Mgr Diodoros.
Gouverner l’orthodoxie comme le pape
Derrière cette querrelle se situe la question fondamentale du pouvoir du
partiarcat oecuménique de Constantinople. Depuis la chute du communisme, le
partriarcat de Jérusalem a repris une plus grande importance. Les Eglises
d’Europe de l’Est s’adressent au partiarcat de Constantinople pour leur réorganisation. Mais elles s’adressent également au patriarcat de Jérusalem,
considéré comme l’Eglise-mère puisque se rattachant à l’apôtre Jacques le
mineur, premier évêque de Jérusalem et pilier de l’Eglise avec Pierre et
Jean. Le Concile de Nicée a reconnu une primauté d’honneur à l’Eglise de
Jérusalem, mais sans pouvoir de juridiction.
Le patriarche Diodoros reproche pour sa part au partriarche Bartholomée
Ier de vouloir gouverner l’orthodoxie «comme le pape». (apic/kpr/mp)



