En compagnie de Bill Clinton et Kofi Annan

Oslo: Jean Paul II candidat au Prix Nobel de la Paix

Oslo,

(APIC) Le pape Jean Paul II figure cette année parmi les candidats au Prix Nobel de la paix. Outre le pape, on trouve également sur cette liste les candidatures du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, du président américain Bill Clinton et du roi Hussein de Jordanie, récemment décédé, indique-t-on dans les milieux du Prix Nobel à Oslo. 118 candidatures, dont celles de 33 organisations dont «Médecins sans frontières» et «l’Armée du Salut» ont été déposées. (apickna/mp)

Brésil: La Campagne de la Fraternité s’inquiète du chômage croissant

Une critique aiguë du système économique mondial

Sao Paulo, 16 février 1998 (APIC) L’Eglise catholique brésilienne dénonce le chômage croissant dans tout le pays. Elle le fait à travers le thème de la Campagne de la Fraternité qui débute mercredi. Le slogan choisi, «Sans travail…pourquoi?», veut susciter un changement des structures politiques et des mentalités dans tout le pays.

Depuis 1994, la Campagne de la Fraternité, qui correspond au Brésil aux campagnes de Carême en Europe, est préparée et lancée par la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB). Cette dernière propose souvent des slogans percutants en rapport avec la situation économique et politique du pays. Une réalité confrontée aussi avec les exigences de l’Evangile.

L’actualité du thème 1999 est confirmée par le dernier dossier de l’Institut brésilien de géographie et des statistiques (IBGE) paru en fin janvier 99. Les chiffres avancés confirment l’aggravation du chômage. Dans le Grand Sao Paulo, le pourcentage moyen du chômage, durant l’année 1998, a atteint 18% des personnes en âge de travailler. Le chômage a doublé durant les quatre années du gouvernement de Fernando Henrique Cardoso, président de la République, réélu en octobre 1998. Ce sont les jeunes, les Noirs et les femmes qui ont eu le plus à souffrir de cette augmentation des licenciements. En 1996, selon la Fondation Seade, parmi les hommes sans emplois dans le Grand Sao Paulo, on compte 77% de Noirs. Toujours selon l’IBGE, 10,3 millions de familles vivent avec moins de la moitié du salaire minimum actuellement de 130 réais qui lorsque l’inflation était contenue, correspondait à peu près à 130 dollars. De plus, 25 millions de personnes doivent se contenter d’un revenu mensuel de moins de 30 réais.

Dès mercredi, les 7700 paroisses catholiques et plus de 100’000 communautés ecclésiales de base, sans oublier les écoles, les collèges et les Universités catholiques vont entrer, après la grande fête du Carnaval, dans la Campagne de la Fraternité pour marteler et étudier ce thème angoissant.

«De tous les problèmes économiques qui affligent un pays, le chômage est le plus dramatique. De juillet de 1994 à décembre 1996, le secteur bancaire a licencié 54% de son personnel, celui du textile, 33,4%, celui du caoutchouc, 29 % et 28,1% pour celui de l’habillement. L’industrie automobile a déjà annoncé qu’elle devra, avant l’an 2000, licencier 30% d’ouvriers. Dans les campagnes, plus de 200’000 travailleurs ruraux ont perdu, à cause de la sécheresse, leur emploi lors de la récolte de 1997.

Le chômage, facteur de désintégration de la famille

Devant cette situation sociale catastrophique, aggravée par la baisse du réal et des bourses brésiliennes, les évêques, reprenant une phrase de Jean Paul II lors de sa visite à Rio de Janeiro en 1997, déclarent que «le chômage est le facteur principal qui désintègre la vie familiale». Avec le chômage, on perd «l’estime de soi, l’identité sociale et les moyens indispensables pour une survie économique digne. La sensation d’un désastre personnel favorise en outre les ruptures des liens familiaux du couple, tout en augmentant aussi les risques de tomber dans l’alcoolisme ou dans la drogue. Celui qui est licencié doit affronter le drame de la pauvreté au jour le jour»

La CNBB déclare en outre avec franchise qu’il n’y a pas d’issue possible au fléau avec l’actuel modèle économique mondial. Elle demande que le gouvernement se concentre dans la production de biens socialement nécessaires en adoptant une politique de revenu minimum pour les plus pauvres. Il faut enfin investir de l’argent dans la santé et l’éducation.

Le Département intersyndical des statistiques et des études socio-économiques (DIESSE) calcule aussi que si l’on mettait fin aux heures supplémentaires, des milliers d’emplois pourraient être créés. Entre 1985 et 1996, on a travaillé environ 265 millions d’heures supplémentaires qui auraient permis la création de 1,5 millions de postes de travail. Enfin la question de la réforme agraire est à nouveau invoquée. Si elle était vraiment appliquée, cela permettrait de modérer l’exode rural vers les grandes villes , augmenterait la production agricole et serait un moyen de s’éloigner le pays du stigmate de la misère. (apic/plp/ba)

16 février 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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