«Où va la Russie?»: L’analyse critique de «La Civiltà Cattolica» sur la liberté religieuse

Autorités et orthodoxes décapitent les communautés catholiques

Rome, 20 décembre 2002 (APIC) Les autorités politiques et orthodoxes de la Fédération de Russie sont en train de «décapiter» les communautés catholiques présentes sur leur territoire, analyse de manière critique la revue des jésuites italiens, «La Civiltà Cattolica», dans l’édition à paraître le 21 décembre 2002. Celle-ci fait notamment allusion aux «campagnes de persécution» qui se déchaînent contre l’Eglise catholique en Russie depuis plusieurs mois.

«Les actes graves et répétés par lesquels un évêque et des prêtres catholiques ont été empêchés de rejoindre leurs fidèles, cachent en réalité une volonté de décapiter les communautés catholiques présentes en Russie en les privant de leurs guides spirituels légitimes et naturels», écrit «La Civiltà Cattolica». «Ces actes, ajoutent les auteurs, ravivent en nos mémoires les temps de la persécution communiste que nous pensions définitivement dépassés».

Chiffres à l’appui

Rappelant ensuite que seulement 16,3% des Russes sont des orthodoxes pratiquants ou croyants – selon un sondage effectué en 2001, qui donnait en outre 0,3% de catholiques -, alors que la majorité de la population – 60% – se dit athée ou non croyante, les jésuites invitent les autorités orthodoxes du patriarcat de Moscou à la réflexion. «Ces données sont un fait qui devrait faire réfléchir sur la crise spirituelle dans laquelle vit la grande majorité des Russes, notamment les jeunes et les intellectuels».

«Si certains citoyens russes, sans religion, se sont tournés vers l’Eglise catholique, poursuivent-ils en répondant aux accusations de prosélytisme portées par les orthodoxes contre les catholiques, c’est parce qu’ils ont trouvé en elle, malgré la limitation de ses initiatives culturelles, éducatives et sociales, un point de référence pour chercher une réponse aux questions fondamentales sur le destin éternel de l’homme».

En conclusion, la revue rappelle qu’en 2003, la Russie fêtera le 3ème centenaire de la fondation de Saint-Pétersbourg, l’ancienne capitale de l’empire tsariste voulue par le tsar Pierre I dit le Grand pour devenir une «fenêtre ouverte sur l’Europe». «Nous nous demandons quelle ’fenêtre sur l’Europe’ restera à l’avenir encore ouverte à l’Occident et aux valeurs qui, bonnes ou mauvaises, lui sont propres spécialement concernant la dignité de la personne et des droits humains?», concluent-ils. «L’histoire actuelle des injustices que sont en train de vivre les catholiques russes devient une sorte de tournesol qui indique où va la Russie». (apic/imedia/pr)

20 décembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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