Ouganda: Appel des missionnaires comboniens à la communauté internationale
L’»amertume» des religieux «face aux silences des médias»
Kampala, 1er avril 2004 (Apic) Après l’assassinat d’un missionnaire en Ouganda, mercredi, les comboniens adressent un appel à la communauté internationale pour l’inviter à ne plus se voiler la face, à réagir et à se mobiliser en faveur de la population civile de l’Ouganda, à bout de forces et soumise quotidiennement aux attaques des nombreuses bandes armées.
Avec l’assassinat, mercredi matin, du Père Fulvi, 14 missionnaires comboniens et une missionnaire ont été tués ces vingt dernières années en Ouganda dans diverses circonstances.
Les missionnaires dénoncent dans un appel l’insécurité, la misère et la sanglante guerre civile qui a éclaté à la fin des années 80. «Nous ressentons la responsabilité d’adresser un appel à la communauté internationale, dans ses multiples composantes, afin qu’elle se mobilise».
Les religieux s’adressent enfin au gouvernement de Khartoum pour l’enjoindre d’empêcher les livraisons en armes et munitions destinées aux rebelles nord-ougandais de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), et de remettre à la justice internationale ceux qui commettent des crimes contre l’humanité. Le premier d’entre eux étant le leader de la LRA, Joseph Kony, responsable de l’enlèvement de plus de 25’000 enfants recrutés de force dans les rangs de son mouvement et d’un terrible bain de sang qui a coûté la vie à plus de 100’000 personnes.
L’ONU aussi à retardement pour l’Ouganda?
Les missionnaires s’adressent enfin au Conseil de sécurité des Nations Unies, à l’Union Africaine (UA) et à la Commission de l’Union européenne pour leur demander d’insérer dans leurs agendas respectifs cette «guerre oubliée» en envisageant des initiatives diplomatiques opportunes qui puissent interrompre ce cycle absurde de violence. Qui laisse une fois de plus sans réaction la communauté internationale. Dans une déclaration faite il y a peu, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a fait son mea culpa devant la «réaction tardive» des Nations Unies lors du génocide du Rwanda.
Les religieux souhaitent enfin voir le gouvernement de Kampala prendre ses responsabilités. Ils constatent avec «amertume» le grand manque d’attention de la presse internationale à l’égard des guerres africaines. (apic/misna/pr)




