Confirmation du nonce, qui s’interroge sur les motifs
Ouganda: Arrestation d’un vicaire épiscopal dans le nord du pays
Gulu, 3 octobre 2004 (Apic) L’arrestation, lundi soir, d’un vicaire épiscopal dans le nord de l’Ouganda par les forces de l’ordre, a été confirmée par le nonce dans ce pays. Aucune raison, pour l’heure, n’a été avancée par les autorités pour expliquer cette action. Dans l’entourage du vicaire épiscopal, on s’interroge, sans trouver de réelles explications.
«Personne n’a encore compris ce qui est reproché à Mgr Matthew Ojia», le vicaire en question. Des rumeurs circulent cependant sur des liens présumés qu’il entretiendrait avec les rebelles de l’Armée de résistance du seigneur, a déclaré à l’Agence Misna Mgr John Baptist Odama, archevêque de Gulu (nord de l’Ouganda) au sujet de l’arrestation du vicaire épiscopal de Kitgum, chef-lieu du district de Kitgum, au nord de l’Ouganda.
Selon des témoignages recueillis par l’Agence missionnaire à Rome, un groupe d’agents et de militaires a fait irruption lundi dans la soirée dans la maison paroissiale où le prélat dînait en compagnie de 2 prêtres locaux. «Je suis désolé mais je ne fais qu’obéir aux ordres» aurait lancé le chef de la police locale de Kitgum à Mgr Ojia avant de l’emmener, avec les deux autres religieux, devant une foule attirée par le déploiement des forces de l’ordre autour de la maison du vicaire.
Selon des sources citées par Misna, la police a également saisi des objets chez le prélat, notamment un ordinateur, une radio, des téléphones portables et d’autres équipements.
Les trois religieux ont été emmenés au poste de police de Kitgum. Quelques heures plus tard, les 2 prêtres locaux ont été libérés, alors que Mgr Ojia était transféré à Gulu, à une centaine de kilomètres de Kitgum.
Le nonce apostolique en Ouganda, Mgr Pierre Christophe, a confirmé l’arrestation. Il précise qu’il ne possède aucune information fiable sur les motifs de cette arrestation, qu’il tente aujourd’hui de comprendre.
Certaines sources religieuses locales interprètent l’arrestation de Mgr Ojia comme un signal d’intimidation des chefs religieux locaux, qui cherchent de longue date une solution négociée au conflit qui ravage le nord de l’Ouganda, «persuadés que les actions de l’armée de résistance du seigneur (LRA) peuvent être combattues par la persuasion et le dialogue plutôt que par les actions militaires». (apic/misna/pr)




