Projet gouvernemental fortement contesté par la population
Ouganda: Des Eglises se joignent à une opération de protection de la forêt
Kampala, 19 avril 2007 (Apic) Des responsables d’Eglise s’opposent à un projet du gouvernement visant à autoriser la culture de la canne à sucre dans une partie de la forêt de Mabira, dans le centre de l’Ouganda, mais condamnent les violentes manifestations et attaques raciales qui se sont soldées par la mort de trois personnes et l’attaque d’un temple hindou.
«Je me joins à d’autres responsables d’Eglise de l’Ouganda pour dire que la forêt de Mabira devrait rester telle quelle,» a déclaré l’évêque anglican Stanley Ntagali au correspondant d’ENI depuis l’ouest de l’Ouganda le 16 avril. «Il n’y a pas d’autre forêt comme celle-là dans le pays.»
Le même jour, la police ougandaise a déclaré avoir appréhendé quatre personnes suspectées d’être mêlées au meurtre d’un Indien lors des violentes manifestations qui avaient eu lieu quatre jours plus tôt. Ces manifestations portaient sur la cession d’une parcelle de forêt pour la culture de la canne à sucre. Deux manifestants auraient été abattus par la police pendant les incidents.
Le gouvernement prévoit de modifier le statut d’un tiers de la forêt du centre de l’Ouganda et d’accorder une concession de 7’100 hectares à la Sugar Corporation of Uganda, détenue par une famille de la communauté indienne de l’Ouganda. Cette mesure permettra d’augmenter la production de canne à sucre. Le président Yoweri Museveni a déclaré le 12 avril qu’il ne céderait pas et a accusé les opposants au projet de faire beaucoup de bruit pour rien.
Unis contre le projet, et condamnations des violences raciales
«J’espère que le président entend les voix du peuple,» a déclaré l’évêque Ntagali. Il a indiqué qu’en abattant une partie de la forêt, le climat pourrait être affecté et que les zones de captage de l’eau, y compris celle du Nil, pourraient être endommagées.
Par ailleurs, un autre responsable d’Eglise a demandé que les manifestations restent pacifiques, après le lynchage d’un Indien à moto pendant les manifestations, causant sa mort. Les manifestants ont également lancé des pierres et des bâtons sur un temple hindou.
Cyprian Kizito Lwanga, archevêque catholique romain de Kampala, a condamné la violence raciale et a averti que prendre pour cible les Indiens pourrait déclencher la colère de la population dans leur pays d’origine.
Le 4 avril, le Conseil chrétien uni de l’Ouganda a déclaré dans un communiqué : «Si le gouvernement se donnait la peine d’écouter, il se serait déjà rendu compte que les Ougandais sont résolument contre l’idée de céder la forêt de Mabira.» Ce groupement d’Eglises est constitué des Eglises anglicanes, orthodoxes et catholiques. (apic/eni/js)



