Rapport dramatique d’Amnesty International

Ouganda: La justice ignore les violences contre les femmes

Londres – Kampala, 2 décembre 2007 (Apic) Un nouveau rapport publié par l’organisation Amnesty International rendu public à Londres, vendredi 30 novembre 2007, présente de nombreux cas de femmes et de fillettes victimes d’abus sexuels dans le nord de l’Ouganda.

Amnesty International accuse la justice pénale du nord de l’Ouganda d’ignorer, de nier et de cautionner tacitement la violence contre les femmes, les jeunes filles et les fillettes. Pire, les responsables présumés sont protégés. C’est ce qui ressort du rapport du 30 novembre de l’ONG.»Le gouvernement ougandais et la communauté internationale doivent immédiatement prendre acte de l’absence totale de justice à laquelle sont en butte les femmes et les fillettes victimes de violences sexuelles», a déclaré Godfrey Odongo, chercheur d’Amnesty International à Kampala. Il ajoute que dans l’immense majorité des cas, les femmes ne dénoncent pas ces violences auprès des services de police, parce qu’elles ont perdu tout espoir d’obtenir justice.

«La violence contre les femmes est endémique dans tout l’Ouganda, a expliqué Godfrey Odongo. Mais dans le nord du pays, elle est particulièrement exacerbée par les répercussions de vingt-et-un ans d’affrontements impitoyables entre la Lord’s Resistance Army (LRA, Armée de résistance du Seigneur) et les forces gouvernementales. La situation ne s’améliore pas malgré la récente cessation des hostilités.

Les violeurs et auteurs de sévices repartent libres.

Les chercheurs d’Amnesty International se sont rendus dans cinq districts du nord de l’Ouganda : Gulu, Amuru, Kitgum, Pader et Lira. Ils se sont entretenus avec un très grand nombre de femmes, de jeunes filles et de fillettes, ainsi qu’avec leurs familles. Ils ont enquêté sur les discriminations endurées, sur la culture de l’impunité qui entoure les affaires de viol, de violence domestique, d’agression et autres .

Pour le chercheur d’Amnesty Godfrey Odongo, le système judiciaire du nord de l’Ouganda n’est absolument pas en mesure d’assurer leur protection. De plus, «il permet presque toujours aux responsables de repartir libres.»

D’après les témoignages des victimes, les auteurs des violences se comptent parmi les forces gouvernementales, les responsables de l’application des lois, les autorités officielles, les chefs des conseils locaux, les époux et les proches. La police répugne à enquêter sur des affaires impliquant des soldats, tandis que le droit ougandais ne considère pas le viol conjugal comme une infraction pénale – partant du principe que le consentement à l’acte sexuel est inclus dans l’acte de mariage.

Compte tenu de la nature et de l’ampleur des crimes commis, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des actes d’inculpation et décerné des mandats d’arrêt contre de hauts commandants de la LRA pour crimes contre l’humanité, notamment pour la réduction en esclavage sexuel, le viol, la mutilation et l’enlèvement de jeunes filles. http://web.amnesty.org/library/index/engafr590052007. (apic/amnesty/vb)

2 décembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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