Mobilisation des membres Acholi du parlement en faveur du prêtre
Ouganda: Le gouvernement accuse un prêtre de collaborer avec la LRA
Kampala, le 25 février (Apic) Un prêtre catholique espagnol, accusé par le gouvernement ougandais de collaborer avec l’Armée de résistance du Seigneur en Ouganda (LRA) rejette vigoureusement les allégations de Kampala. Le gouvernement reproche au prêtre d’avoir distribué des médicaments et des armes aux rebelles. Les membres Acholi du parlement soutiennent l’ecclésiastique et mettent en garde contre toute action de Kampala à son encontre.
Le gouvernement menace aujourd’hui d’expulser le Pére Carlos Rodriguez, qui travaille dans le nord de l’Ouganda, Ce dernier tente d’amener les rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur et le gouvernement à la table de négociations.
La région nord de l’Ouganda est en proie aux pires violences, commises souvent par les rebelles de la LRA. Le dernier en date, il y a une semaine, a fait plus de 200 morts prés de la ville de Lira, des femmes et des enfants en particulier. Le gouvernement ougandais est accusé de ne rien entreprendre pour mettre fin à ces massacres de populations civiles.
Depuis 2002, ce prêtre espagnol, venu en Ouganda en 1984 finir ses études de théologie au Séminaire de Gaba, s’emploie à faciliter les négociations de paix pour mettre fin à la crise qui déchire le pays depuis de longues années.
Le gouvernement accuse le prêtre, membre de l’Initiative de paix des leaders religieux de la région Acholi (ARP), un groupe majoritairement catholique du nord de l’Ouganda qui vient de se faire décerner le Prix Niwano, de collaborer avec la LRA dirigée par Joseph Kony, un ancien catéchiste catholique.
Le prêtre réfute ses allégations. «Je n’aurais jamais convaincu les rebelles de sortir de la foret pour sauver des vies si j’étais un traître ou un collaborateur», a-t-il dit. « Je ne suis pas un politicien. Je suis un homme de Dieu».
Mise en garde
Selon le gouvernement, le prêtre en question a fourni aux rebelles des médicaments, des grenades et des outils de communication pour les aider à lutter contre les militaires ougandais. L’abbé Carlos Rodriguez a cependant obtenu le soutien de politiciens de la région Acholi au nord de l’Ouganda appartenant au groupe parlementaire Acholi, qui ont condamné la position du gouvernement.
Au cours Lors d’une conférence de presse, le 19 février, les parlementaires Acholi ont accusé le gouvernement de vouloir réduire au silence tous ceux qui attirent l’attention sur les souffrances de la population du nord de l’Ouganda. «Si quelque chose arrivait au Pére Carlos, nous en déduirions qu’il y a une vendetta religieuse contre les catholiques de ce pays», a mis en garde le professeur Morris Ogenga, qui s’exprimait au nom des membres Acholi du parlement. (apic/eni/pr)




