Lira, réceptacle des déplacés, passe de 100’000 à 450’000 habitants

Ouganda: Le nord du pays ravagé par l’Armée de Résistance du Seigneur

Kampala, 19 novembre 2003 (Apic) «Nous sommes horrifiés face à la perte d’autant de vies humaines». C’est ainsi que les chefs religieux des communautés acholi et lango – les deux ethnies principales du nord de l’Ouganda – viennent d’exprimer leur ferme condamnation de la violence menée par les rebelles de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA). Lira, réceptacle des déplacés, est passée en peu de temps de 100’000 à 450’000 habitants, selon l’évêché.

«Nous demandons au gouvernement de Kampala, responsable de la protection de la population civile, d’affronter cette crise avec plus de sérieux», poursuivent les leaders religieux nord-ougandais dans une note transmise à l’agence d’information Misna. Depuis près de deux semaines, le district de Lira est le théâtre de massacres presque quotidiens, les nombreuses incursions des rebelles dans les villages qui entourent le chef- lieu ne cessent de faire des victimes parmi la population civile. Les épisodes survenus dans la nuit de lundi à mardi ont causé, selon des sources religieuses locales, la mort d’au moins 53 personnes, tuées à l’arme blanche au cours des attaques de 4 villages.

La zone de Lira est l’une des plus touchées par la violence des «Olum» (surnom donné aux rebelles en langue acholi, signifie «herbe»), bien que Kampala ait récemment envoyé des renforts au contingent militaire présent dans la province. «Nous voulons adresser nos plus vives condoléances aux parents des victimes qui pleurent leurs proches» affirment les chefs religieux. «Nous vous assurons que nous continuerons à oeuvrer sans répit pour trouver une solution pacifique à ce conflit qui ravage le nord et l’est de l’Ouganda. Il est cependant important de rester calmes et de suffoquer les désirs impulsifs de vengeance», lit-on encore dans le communiqué.

Appel à la communauté internationale

Les chefs religieux acholi et lango lancent un appel à la communauté internationale, à laquelle ils demandent de ne pas ignorer la situation, et de ne pas se limiter aux paroles. «Nous avons besoin de nourriture, d’abris, d’eau et d’assistance sanitaire. La ville de Lira est comble de déplacés et seule, elle ne peut plus faire face à cette situation», poursuivent les religieux.

«Les Ougandais n’ont pas l’intention de permettre que ce génocide continue», affirment les signataires de la note en conclusion. Depuis 1986, les rebelles du LRA, guidés par leur chef Joseph Kony, ravagent les districts nord-ougandais. En 17 ans de terreur, ils ont tué et torturé des dizaines de milliers de personnes (au moins 100’000 morts), enlevé plus de 20’000 enfants, réduits en esclavage ou enrôlés de force pour combattre dans les rangs de la rébellion, et provoqué plus d’un million de déplacés. (apic/misna/bb)

19 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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