Catastrophe humanitaire à Kisangani
Ouganda: Les évêques exigent le retrait des forces d’occupation ougandaises et rwandaises
Kampala, 20 juin 2000 (APIC) Les évêques catholiques d’Ouganda ont demandé aux gouvernements de Kampala et de Kigali de rapatrier au plus vite les forces d’occupation ougandaises et rwandaises déployées dans la République démocratique du Congo (RDC). Le cardinal Emmanuel Wamala, archevêque de Kampala, a déclaré au journal local «New Vision» que les évêques ont également dénoncé les combats sanglants entre Ougandais et Rwandais à Kisangani, dans le nord-est de la RDC.
L’Eglise ougandaise exige avec force que les responsables civils et militaire de l’armée gouvernementale ougandaise (UPDF) et de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) impliquées dans ce «gaspillage inutile de vies humaines» de mettre un terme aux combats et de s’engager sérieusement en faveur d’une solution rapide par des moyens pacifiques.
Pour le chef de l’Eglise ougandaise, «l’Ouganda et le Rwanda doivent quitter le Congo. Pourquoi devraient-ils se battre à Kisangani ? Si l’Ouganda veut combattre le Rwanda, qu’il aille au Rwanda pas au Congo!», lance le cardinal Wamala.
L’archevêque de Kampala a exprimé sa déception face à ses vains efforts en vue d’amener les présidents ougandais Yoweri Museveni et rwandais Paul Kagamé à la table des négociations. Il a également déploré les appels des parlementaires ougandais exigeant l’expulsion de tous les Rwandais engagés dans l’armée ougandaise et d’autres institutions, rappelant que les deux pays partagent une destinée commune.
Plus de 500 morts
Les affrontements qui ont eu lieu ces derniers jours à Kisangani entre soldats rwandais et ougandais – pourtant alliés contre le régime du président Laurent-Désiré Kabila – auraient entraîné la mort de plus de 500 personnes, selon un porte-parole du Comité International de la Croix Rouge (CICR) rapporté par l’agence missionnaire MISNA à Rome. Des sources de MISNA liées aux cercles religieux et humanitaires affirment cependant que le bilan définitif pourrait être bien plus lourd.
En attendant, la situation humanitaire est toujours grave dans la ville congolaise. Malgré la fourniture d’eau et d’énergie électrique durant les heures diurnes, le risque d’épidémies est de plus en plus élevé. Un grand nombre d’immeubles sont détruits et beaucoup d’habitants se retrouvent sans abri. Les civils quittent progressivement Kisangani car ils craignent une reprise des combats entre les deux contingents. Kisangani, troisième ville de la RDC, représente un important carrefour stratégique, notamment pour le trafic de diamants, convoité par les deux anciens alliés, Kampala et Kigali. (apic/misna/bia/be)



