Plus de 100’000 morts en 18 ans

Ouganda: Près de 40 civils tués lors d’une nouvelle attaque rebelle au nord

Kampala, 18 mai 2004 (Apic) Près de 40 civils ont été tués et des dizaines d’autres blessés lors d’une nouvelle attaque des rebelles ougandais de L’Armée de Résistance du Seigneur (Lra) contre un camp de réfugiés. Les affrontements auraient provoqué plus de 100’000 morts en 18 ans.

L’opération a eu lieu dans la nuit du 16 au 17 mai dans le nord de l’Ouganda, a rapporté le correspondant de Radio France Internationale. L’attaque a eu lieu à la tombée de la nuit. Selon l’armée, les rebelles sont entrés en trois groupes séparés dans le camp Pagak, situé à 20 km de Gulu, principale ville du nord. Un des groupes a attaqué le camp, pendant qu’un second s’en prenait aux soldats qui gardaient les lieux. Le troisième groupe s’est concentré sur les soldats en patrouille, a souligné un porte- parole de l’armée ougandaise.

Selon les rescapés, les rebelles ont attaqué le camp sans rencontrer de résistance. Ils ont pris de la nourriture et enlevé plusieurs dizaines de personnes pour transporter le butin. Les plus faibles de leurs otages, en particulier les femmes qui portaient des enfants au dos, ont été tués à environ 20 km du camp. Selon les sources de l’agence ’Misna’, le bilan s’élève à 39 morts dont une vingtaine de femmes et enfants tués à coup de bâtons. Parmi les victimes, on compte aussi des éléments de la Lra et de l’armée gouvernementale.

C’est le second massacre du genre perpétré par les rebelles ougandais depuis le début de l’année. En février dernier, ils avaient tué plus de 250 personnes dans le camp de réfugiés de Bardoniu. Selon l’agence catholique ’Misna’, édition du 17 mai, les conflits qui opposent les rebelles de l’Armée de résistance du seigneur à Kampala, ont déjà causé de plus de 100’000 morts en 18 ans.

Blocage des bailleurs de fonds: le Pam inquiet

L’attaque du week-end a eu lieu quelques jours après le refus des bailleurs de fonds de l’Ouganda d’approuver le prochain budget du gouvernement. Ils ont dénoncé la part importante réservée aux dépenses militaires et réclament une augmentation des dépenses sociales: santé, éducation, alimentation. Le Programme Alimentaire Mondiale (Pam) s’est déclarée «inquiet» du blocage des bailleurs de fonds. «Sans leur aide, la situation sera ingérable», a indiqué le représentant de l’organisation à Kampala. L’Union Européenne et la Suède sont les principaux donateurs de l’Ouganda.

Le Pam achète aux Etats-Unis l’essentiel de ses produits alimentaires (maïs, haricot, entre autres) destinés aux réfugiés. Ces céréales sont acheminées par bateau jusqu’au port de Mombassa (Kenya), puis transportés en camion ou en train à Kampala. L’acheminement de la capitale aux camps de réfugiés est dangereux à cause des attaques répétées contre les véhicules du Pam. Plusieurs de ses camions ont été pillés et leurs chauffeurs, tués par les rebelles au cours de ces dernières années. L’organisation évite maintenant l’envoi de vivres dans le nord et à l’est de l’Ouganda sans escortes militaires. Or, ces escortes coûtent cher, car les convois de camions Pam sont longs. Ils peuvent compter 50 véhicules encadrés par des blindés de l’armée.

Le Pam estime ses besoins financiers entre 21 à 56 millions de dollars pour continuer ses programmes en Ouganda jusqu’en fin d’année, «sinon, les déplacés, surtout les enfants, risquent de mourir de faim», a indiqué son représentant en Ouganda. (apic/ibc/bb)

18 mai 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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