Ouganda: Signature de la «cessation des hostilités» entre le gouvernement et les rebelles

L’Armée de résistance du Seigneur coupable de terribles atrocités

Juba/Soudan, 27 août 2006 (Apic) Un protocole pour la cessation des hostilités entre l’armée gouvernementale ougandaise et les rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army, LRA) a été signé samedi 26 août à Juba. Des colloques de paix étaient cours depuis plusieurs semaines dans cette ville du Soudan méridional.

Le document a été adopté par le ministre de l’Intérieur ougandais Ruhakana Rugunda et le chef de délégation de la LRA, Martin Ojul.

L’entente prévoit la suspension des hostilités à partir du 29 août. De plus, d’ici trois semaines, les rebelles devront sortir de la clandestinité et se regrouper dans deux (ou plus) zones dites protégées dans le Sud Soudan.

Kony a demandé pardon pour les atrocités commises

Les rebelles de la LRA sévissent depuis près de 20 ans dans le nord de l’Ouganda, où ils ont perpétré des exactions sanglantes contre la population civile. Le chef de cette «Armée», qui prétend se baser sur les «dix commandements», a fait acte de repentance mardi 1er août 2006. Joseph Kony a demandé «pardon» à son pays pour les atrocités commises par son mouvement. Pour la première fois, Kony, sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, comme quatre autres hauts commandants de la LRA, a reconnu ses crimes.

La LRA lutte depuis deux décennies contre le régime du président Yoweri Museveni. Elle voudrait renverser ce pouvoir et le remplacer par un autre reposant sur les prétendus «dix commandements de l’Eglise». Son mouvement sanguinaire a enlevé un nombre indéterminé d’enfants, qu’il enrôle dans ses rangs, pour servir notamment d’esclaves sexuels.

Il semble ainsi q’un un point d’entente a été trouvé, semblant marquer un tournant important dans la tentative de mettre fin au conflit en cours dans le nord de l’Ouganda qui a provoqué plus de 1,5 million de déplacés et des dizaines de milliers de victimes. Le document – signé à l’Hôtel «Juba Raha», l’a été également en présence de chefs religieux et de représentants de la société civile. La Communauté de Sant’Egidio et le GoSS, le gouvernement du Sud Soudan, engagés depuis deux mois dans les négociations des «Juba Peace Talks», affirment qu’il s’agit là d’un «pas en avant significatif vers un accord de paix».

Les accords prévoient que les rebelles de la LRA soient transportés dans deux ou plusieurs ’safe areas’ (zones protégées) au Soudan. Ils y seront escortés par l’armée du Sud Soudan, constituée en grande partie par la Spla (Armée populaire de libération du Soudan, l’ex-groupe rebelle indépendantiste du Soudan méridional).

Pour le moment, les rebelles sont divisés en deux groupes: le premier est encore présent dans le nord de l’Ouganda tandis que l’autre – avec le commandant Joseph Kony – est basé dans le Parc de la Garamba, dans le nord de la République démocratique du Congo, à la frontière avec le Soudan. D’après les informations recueillies par l’agence de presse missionnaires MISNA, l’accord signé samedi institue aussi une commission de monitorage de la cessation des hostilités, guidée par un officier de la Spla et composée de deux délégués du gouvernement ougandais et de deux des rebelles. Par ailleurs, il sera demandé à l’Union africaine d’en faire partie avec un ou plusieurs délégués.

Pour la communauté de Sant’Egidio – qui a participé à la médiation coordonnée par le vice-président du Soudan méridional Riek Machar Teny-Dhurgon, avec Pax Christi International – le protocole signé samedi est «une formulation satisfaisante» et il s’agit d’un premier pas vers la paix définitive.

La Communauté Sant’Egidio est parfois qualifiée de «diplomatie parallèle» à celle du Saint-Siège. Cette association laïque et internationale, fondée en 1968 et reconnue par le Vatican en 1986, regroupe officiellement quelque 50’000 membres en Italie et dans 70 pays. Au plan international, la Communauté s’est illustrée par ses actions en faveur de la paix. Sant’Egidio a ainsi conduit des actions de médiation au Guatemala, au Mozambique, en Algérie ou en Côte d’Ivoire. (apic/misna/imedia/com/be)

27 août 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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