Le Père Raffaele Di Bari tué par l’Armée de Résistance du Seigneur

Ouganda: Un missionnaire italien assassiné par les rebelles ougandais

Kampala/Rome, 2 octobre 2000 (APIC) Un missionnaire combonien italien, le Père Raffaele Di Bari, a été assassiné dimanche matin par les rebelles ougandais de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA). Le Père Di Bari, âgé de 71 ans, venait de célébrer une messe à Acholi bur à 20km de la ville de Kitgum. Il vivait en Ouganda depuis 1959 et avait dénoncé publiquement les activités de la LRA qui sème la mort dans le nord du pays depuis 1987.

Les funérailles du Père Raffaele ont eu lieu lundi, informe le Père Antonio Simeoni, vicaire de la mission à laquelle appartenait le religieux assassiné dimanche par les rebelles de l’Armée de Résistance du Seigneur. Il y a quelques jours à peine, il avait échappé de justesse à une autre embuscade tendue par les rebelles qui terrorisent le nord de l’Ouganda depuis une dizaine d’années, et qui sévit plus particulièrement dans les districts de Gulu et de Kitgum.

L’agence d’information missionnaire MISNA à Rome rappelle que le Père Raffaele Di Bari était un homme particulièrement courageux qui risquait quotidiennement sa vie en s’engageant pour les Acholis, un peuple oublié de tous, dans une région mise à feu et à sang par les rebelles de la LRA (Lord’s Resistance Army). Le Père Di Bari était originaire de Barletta, dans la province italienne de Bari. Sa voiture a été mitraillée et a ensuite explosé. Une religieuse et un catéchiste, qui se trouvaient aussi à bord, ont réussi à s’enfuir juste avant que la voiture ne prenne feu, probablement à cause de l’explosion du réservoir de carburant. Dimanche matin, le missionnaire combonien avait demandé à des gens si la route reliant Pajule à Acholi bur était libre. On lui avait répondu que la présence des militaires ougandais était garantie tout au long du parcours, ce qui n’était pas le cas.

Qui sont ces fanatiques qui tuent sans pitié ?

Qui sont ces fanatiques qui tuent sans pitié ?, se demande MISNA qui rappelle que ces rebelles combattent avec un chapelet pendu au cou et le récitent le rosaire cent fois par jour. «Ils disent combattre au nom de Dieu et prêchent la terreur. Nombre d’entre eux sont des enfants, enlevés dans les villages et contraints à combattre pour sauver leur peau.»

Le leader de l’Armée de Résistance du Seigneur, Joseph Kony, est un «fou visionnaire à la solde du gouvernement soudanais», écrit l’agence missionnaire italienne. Le manifeste de ce mouvement est «une alchimie de religion et de folie», explique le Père Tarcisio Pazzaglia, récemment encore supérieur de la communauté de Pajule, où vivait le Père Raffaele.

La stratégie des «olum», comme sont appelés les rebelles dans la langue des Acholis, consiste à saccager les centres habités, à tuer sans pitié et à enlever des enfants, en majorité de 8 à 16 ans. Ces dix dernières années, des milliers d’enfants soldats ont été contraints de rejoindre les rangs des rebelles. L’armée ougandaise, qui met tant de zèle à combattre pour s’emparer des riches régions du Congo voisin, n’a jamais réussi à défaire les rebelles de Joseph Kony au cours des années 90, constate MISNA. L’assassinat du Père Di Bari est survenu dans la même localité où, il y a 10 ans, les rebelles avaient déjà abattu l’un de ses confrères, le Père Egidio Biscaro. (apic/misna/bbc/be)

2 octobre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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