«Outil pour comprendre la signification du développement humain»

L’encyclique est bien appréciée

Manille, 21 juillet 2009 (Apic) Dans le pays le plus catholique d’Asie, la dernière encyclique du pape est largement commentée et appréciée par les enseignants et les religieux: elle est un «guide essentiel pour la dynamique économique du pays».

«Le développement est une condition essentielle pour la paix, mais ce dont vous avez le plus besoin actuellement, c’est le partage des biens matériels et de la solidarité entre les personnes.» C’est en ces termes que le Père Bernard O. Diaz, professeur de religion à l’université Adamson à Manille a commenté la dernière encyclique de Benoît XVI «Caritas in Veritate». Il a poursuivi en affirmant que dans un pays en développement, une mauvaise croissance économique est souvent le fruit de la pauvreté, de la criminalité, de la corruption et des conflits. Pour lui, l’encyclique est «un outil essentiel pour comprendre réellement le sens du développement humain.»

Dans son document, le pape affirme que le développement, «s’il veut être vraiment humain» doit «donner de la place à la liberté et à la recherche du bien commun». Le Père Diaz cite dans ce contexte l’exemple de la Fondation Bukas Palade (Open Hand) liée au mouvement des Focolari. Ce mouvement a pour leitmotiv :»Nous recevons librement et nous donnons librement». Pour le religieux, c’est un mouvement qui agit concrètement dans les zones les plus pauvres du pays et qui constitue une alternative à l’idéologie capitaliste.

Jhonatan P. Reginales, professeur de sociologie à l’Université de Manille, estime, lui, que l’importance excessive accordée actuellement au rôle du marché nuit à la vie sociale et détruit les valeurs telles que le don de soi et l’aide apportée au prochain. Il voit dans l’encyclique un élément qui peut «redonner espoir aux gens sans véritable avenir social».

Antonio L. Maisong, professeur de doctrine sociale, estime qu’une réévaluation du rôle de l’Etat et à son implication dans les problèmes de société serait possible à la lumière de l’encyclique. Il ajoute que, dans un pays où le taux de pauvreté concerne 15% de la population, l’attention aux déshérités prêchée par le pape est essentielle. Pour lui, «les autorités devraient considérer les pauvres comme un atout, non comme un fardeau.» (apic/an/js)

21 juillet 2009 | 14:46
par webmaster@kath.ch
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