L’accusateur incriminé pour faux témoignage

Pakistan: Acquittement pour trois chrétiens accusés de blasphème

Lahore, 1er février 2001 (APIC) Trois chrétiens accusés de blasphème ont été acquittés au Pakistan. L’accusateur, musulman, a été incriminé pour faux témoignage.

Hussain Massih, son fils Isaac Masih et qbal Sebar Ghauri, des chrétiens de Alipur Chatha près de Gujranvala, à 80 km au bord de Lahore, ont passé des mois en prison sous l’accusation de blasphème contre le prophète Mahomet. Une sentence du 25 janvier dernier du Tribunal de la Cour Suprême de Lahore les a acquittés. Tous trois avaient été emprisonnés à Alipur Chatha sous prétexte d’avoir également profané le coran.

L’accusation avait été lancée le 25 novembre 1998 par un musulman, Ejaz Ahmada. Il avait trouvé des pages du Coran déchirées et souillées par des inscriptions injurieuses. Dans sa dénonciation à la police, il avait indiqué que les coupables étaient trois chrétiens, qui habitaient à côté de chez lui. Le 24 décembre 1998, la police avait arrêté Iqbal Sehar Ghauri sans enquête préliminaire. Quelques mois plus tard, Hussai Massih avait été arrêté puis relâché en décembre 1999, après sept mois d’emprisonnement. Son fils, Isaac Masih, accusé lui aussi, était en fuite et se cachait pour ne pas être pris par la police.

Selon le procureur général de l’Etat, il n’y avait aucune preuve directe et circonstanciée en faveur de l’accusation. La Cour a accepté ces conclusions et a décidé d’incriminer Ejaz Ahmad pour faux témoignage, et pour avoir inventé de toutes pièces l’accusation.

«Nous sommes heureux de cet acquittement, et nous prions pour que tous les innocents qui sont encore en prison sous de fausses accusations, soient relâchés au plus vite, a commenté Le Père Emmanuel Yousaf, directeur national de la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale. Le Père Yousaf a rappelé l’appel lancé en vue de l’abrogation de toutes les lois injustes, comme celle sur le blasphème, et celle sur l’électorat séparé (les citoyens élisent leurs propres représentants sur la base de leur appartenance religieuse), qui pénalisent les minorités religieuses. (apic/fs/pr)

1 février 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!