Le gouvernement d’Islamabad enfreint ses propres lois

Pakistan: Amnesty international dénonce les dérapages de la lutte antiterroriste

Londres/Lausanne, 19 juin 2002 (APIC) L’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International dénonce de nouveaux dérapages de la lutte antiterroriste au Pakistan. Amnesty International estime que le Pakistan fait partie des nombreux pays qui ont sacrifié les droits humains sur l’autel de la sécurité depuis les attentats du 11 septembre.

Selon un nouveau rapport d’Amnesty International (AI) publié mercredi à Londres, les autorités pakistanaises portent atteinte au système de protection des droits humains en arrêtant et en expulsant des centaines de personnes au nom de la «guerre contre le terrorisme».

Des Pakistanais et des ressortissants d’autres pays soupçonnés d’appartenir à l’organisation Al-Qaïda d’Oussama Ben Laden, ou des Talibans présumés, ont été appréhendés de façon arbitraire. Un nombre indéterminé de personnes ont été expulsées vers les Etats-Unis ou vers d’autres pays, sans aucune garantie en matière de droits humains, écrit AI.

Pour l’organisation basée à Londres, la primauté de la loi est dédaignée. Le traitement réservé aux détenus n’est conforme ni à la législation pakistanaise, ni au droit international. Quant à la protection des droits humains, elle a été jetée aux oubliettes. L’identité des détenus et leur lieu de détention ne sont pas connus. Ces personnes sont isolées de leur famille et de leurs avocats, et aucune information officielle n’est donnée à leur propos. Les médias ne traitent de leur cas que de façon très fragmentaire.

Ne pas sacrifier le respect des droits humains aux impératifs de la sécurité

Quelques ressortissants étrangers ont été remis à leur pays d’origine, alors que leurs droits humains risquent d’y être bafoués. Ces derniers mois, au moins deux Ouïgours ont été livrés aux autorités chinoises, et plusieurs attendent leur renvoi forcé. AI estime que ces personnes pourraient être torturées, voire exécutées, dans leur pays d’origine. Dans ce nouveau rapport, l’organisation de défense des droits humains présente les circonstances des interpellations et des remises arbitraires entre les mains des autorités américaines, et formule plusieurs recommandations.

AI exhorte le gouvernement pakistanais à observer ses propres lois, à respecter les normes internationales en matière de protection des droits humains et à cesser d’expulser des personnes vers des pays où elles sont susceptibles d’être condamnées à mort ou risquent de subir d’autres violations de leurs droits humains. Amnesty International estime que le Pakistan fait partie des nombreux pays qui ont sacrifié les droits humains sur l’autel de la sécurité depuis les attentats du 11 septembre. Et AI de souligner qu’il ne faut pas opposer la sécurité aux droits humains, car ces deux notions sont indissociables. (apic/com/ai/be)

19 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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