Minorités discriminées
Pakistan: Appel de religieux pour mettre fin à la loi contre le blasphème
Islamabad, 22 août 2002 (Apic) Deux organisations religieuses et Pax Christi ont demandé, lors d’un récent appel à l’ONU, la suppression de la loi sur le blasphème au Pakistan. «Cette loi discrimine les minorités religieuses, notamment chrétiennes et hindoues», rappellent religieux.
«Mettre fin immédiatement et définitivement aux discriminations dont font l’objet les chrétiens et les autres minorités religieuses au Pakistan essentiellement à cause de la loi sur le blasphème en vigueur dans le pays». C’est ce qu’ont demandé les ONGs «Franciscans International» (FI), qui représente les franciscains auprès de l’ONU, «Dominicans for Justice and Peace», qui représente les dominicains, et Pax Christi International.
La loi sur le blasphème, qui punit toute personne qui insulte le prophète Mahomet, est «à la source de la discrimination systématique et institutionnelle et de l’extrémisme au Pakistan» a déclaré Père Philippe Leblanc à la sous-commission onusienne pour la promotion et la protection des droits humains.
Le Père Leblanc, un dominicain, a soutenu que les accusés de blasphème (en majorité chrétiens et hindous) sont souvent tués avant d’être jugés et ceux qui évitent la peine de mort doivent prendre la voie de l’exil. Le religieux ajoute que le recours à cette loi par des musulmans contre d’autres musulmans a augmenté depuis 1999 et que les accusés n’ont pratiquement aucune possibilité de recours.
Franciscains, dominicains et Pax Christi demandent donc au gouvernement d’Islamabad d’éliminer les lois de discrimination, de ratifier et de respecter les traités internationaux sur les Droits de l’homme.
Loi détournée pour vendetta personnelle
Introduite en 1986, la loi sur le blasphème permet d’emprisonner un transgresseur présumé sur la base d’accusations formulées par un quelconque citoyen, ce qui permet également de s’en servir comme moyen de résoudre des querelles personnelles.
En avril 2000, le président Pervez Musharraf a annoncé des modifications à la loi, pour diminuer le risque d’extorsions et d’abus. Les amendements ont été toutefois retirés au mois de mai suivant, suite à la pression de la population et des oulémas, (érudits islamiques). La peine maximale pour les coupables de blasphème est la mort. (apic/misna/sh)



