Manifestation jeudi pour réclamer son abrogation immédiate (200494)
Pakistan: attentats contre des chrétiens au nom de la loi sur le blasphème
Lahore, 20avril(APIC) Trois jeunes hommes ont été assassinés au cours de
ces deux dernières années au Pakistan sous prétexte de violation de loi sur
le blasphème. Le dernier meurtre, selon «Eglises d’Asie, remonte au 5
avril. Manzoor Masih, jeune chrétien accusé de blasphème a été tué d’un
coup de feu devant le tribunal de Lahore à son retour d’une audience du
procès. Inquiets, les chrétiens du Pakistan organisent jeudi 21 avril une
manifestation pacifique contre la loi sur le blasphème.
Accusé il y a un an d’inscription blasphématoire sur les murs de la mosquée – crime passible de la peine de mort selon la loi islamique – Masih
avait été libéré sous caution début 1994. Les individus en moto qui l’ont
abattu dans la rue ont blessé grièvement deux de ses compagnons. Le 7
avril, à la suite de cet assassinat, des milliers de chrétiens ont protesté
dans les rues de Lahore. La manifestation était conduite par Julius Salik,
parlementaire chrétien et secrétaire de la Commission nationale pour les
minorités. Il était accompagné de plusieurs dirigeants chrétiens et musulmans.
Depuis le 1er mai 1991, la sentence de mort est prononcée au Pakistan
sur toute personne déclarée coupable selon l’article 295-c de la loi sur le
blasphème qui interdit les remarques désobligeantes, les allusions et insinuations, directes ou indirectes, contre le prophète Mohammed.
Selon des sources en provenance du Pakistan, la loi sur le blasphème
«est un permis de tuer les non-musulmans». Il n’existe aucun pays où une
telle loi est appliquée à ce point. Ces lois, fait-on remarquer, ont développé dans le pays l’intolérance religieuse, l’anarchie, le harcèlement et
le sectarisme parmi la population et autorisent l’extermination des minorités religieuses.
Le Pendjab est l’une des quatre provinces du Pakistan où les chrétiens,
qui représentent environ 2% de la population (95 millions) se heurtent à
d’innombrables difficultés en raison de la loi sur le blasphème, qui a été
utilisée par certains pour justifier les attaques contre les membres des
minorités religieuses dans ce pays à majorité islamique.
D’ou la mobilisation des chrétiens jeudi pour réclamer l’abrogation
immédiate de cette loi. (apic/ed/spi/pr)



