Prison à vie

Pakistan: Deux chrétiens accusés d’une supposée profanation du Coran condamnés

Karachi, 13 avril 2001 (APIC) Deux chrétiens, Amjad Masih et Asif Masih ont été condamnés à la prison à vie le 27 mars dernier, pour avoir profané l Coran. L’accusation est cependant mise en doute par de nombreux témoins.

A l’origine inculpés d’avoir fait le commerce de drogue, accusation également sans fondement et recouvrant une rivalité individuelle, les deux accusés étaient déjà incarcérés à titre préventif à Jhang, à environ 400 km de Islamabad. Ils auraient alors été vus en train de brûler des pages d’un exemplaire du Coran.

Dès le lendemain du jugement, l’évêque de Faisalabad, Mgr Joseph Coutts, est allé rendre visite aux prisonniers dans leur prison de Jhang pour les soutenir et réconforter leurs familles. Un des parents a confié à l’évêque que tous étaient absolument persuadés qu’il ne s’agissait là que d’une fausse accusation. Les policiers désiraient de l’argent, a-t-il révélé; ils avaient menacé les deux hommes d’aggraver leur cas s’ils ne se soumettaient pas à leurs exigences. Les deux prisonniers n’ayant pas payé, leur premier crime, à savoir le trafic de drogues, a soudain changé de nature et est devenu profanation du Coran, crime automatiquement puni par la prison à perpétuité.

Précédemment, le 21 mars, à Kharpur Tamiwali, à 700 km au sud d’Islamabad, un autre chrétien a été accusé d’avoir tiré sur la moustache d’un musulman au cours d’une dispute, geste considéré comme blasphématoire, à cause des recommandations du prophète concernant la moustache.

Les extrémistes dictent la loi

De janvier à mars 2000, dix musulmans et deux chrétiens ont été arrêtés au nom de l’article 295-C du code pénal, article sanctionnant la profanation du Coran. De janvier à octobre 2000, 40 membres de la secte des Ahmadi, 6 chrétiens, et 26 musulmans, ont été détenus pour violation de la loi contre le blasphème.

Ces dernières années, la Haute Cour a cassé à quelques reprises des jugements prononcés contre des chrétiens accusés d’avoir blasphémé le prophète, accusation passible de la peine de mort, ou d’avoir profané le Coran. Cependant, les accusés ainsi graciés ont été obligés, pour leur sécurité, de quitter le pays, des extrémistes musulmans ayant même lancé contre eux des assassins professionnels. (apic/eda/pr)

13 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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