Pakistan: Deux hommes et une femme lapidés et tués le 14 mars

Pour «adultère», reconnu devant un «tribunal» islamiste

Peshawar, Pakistan 15 mars 2007 (Apic). Deux hommes et une femme ont été lapidés puis tués pour avoir «commis l’adultère», après que des activistes islamistes les ait surpris «dans une situation compromettante». Des centaines de personnes sont exécutées de cette manière au Pakistan, après avoir été accusées de «déshonorer leur famille», selon la loi islamique. L’administration gouvernementale laisse faire.

Tués par balles prétendument pour «adultère», tel a été la fin de deux hommes et une femme, auparavant lapidés par une centaine d’hommes. Le supplice, puis l’exécution, se sont passés dans une zone tribale pakistanaise, dans la région de Bara, près de l’Afghanistan, selon l’administration locale ainsi que des témoins de l’exécution publique.

Les exécutions, menées par des extrémistes de Lashkar-e-Islam (Armée de l’Islam), se sont déroulées mercredi 14 mars devant une foule de quelque 800 habitants. Deux jours auparavant, ils avaient été surpris «dans une situation compromettante» par des extrémistes du groupe, dirigé par un musulman local, Mangal Bagh.

Les deux hommes ont été identifiés comme Allah Noor et Shehzad. La jeune femme, Tasleem, venait «d’ailleurs». Les trois victimes ont été attachées à un arbre tandis que des hommes leur lançaient des pierres. Deux membres du groupe se sont ensuite approchés, masqués, pour les abattre avec leur kalachnikov, ont indiqué des témoins.

L’administration locale de cette région à 16 km au sud ouest de Peshawar, capitale de la province, a déclaré que les victimes avaient avoué devant la jirga (assemblée tribale), donc les autorités n’avaient pas à intervenir. «Nous ne nous mêlons pas de ces cas et les jirgas décident elles-mêmes, selon Mohammad Iqbal. La tribu Khyber qui règne sur la région, l’une des 7 régions tribales semi-autonomes de cette région du nord ouest, le long de la frontière afghane, est habitée par des traditionalistes de l’ethnie pashtoune. Elle fonctionne toujours sous la juridiction islamique d’une assemblée, la jirga, ou d’un tribunal d’anciens. (apic/ag/vb)

15 mars 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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