Après les sanglants incidents de la Mosquée Rouge d’Islamabad
Pakistan: L’archevêque de Lahore demande une action décisive contre les extrémistes
Islamabad, 4 juillet 2007 (Apic) L’archevêque de Lahore, au Pakistan, a demandé mercredi une action décisive contre les extrémistes islamiques après les sanglants incidents de la Mosquée Rouge d’Islamabad, qui ont déjà fait 16 morts et quelque 150 blessés.
Mgr Lawrence Saldanha, président de la Conférence épiscopale pakistanaise, estime que le gouvernement pakistanais devrait empêcher à tout prix de nouveaux incidents devant cet édifice religieux, la «Lal Masjid», qui abrite habituellement quelque 9’000 jeunes étudiants et étudiantes qui y suivent des cours à l’école coranique. Selon la police pakistanaise, un millier d’islamistes radicaux se trouvaient encore mercredi soir à l’intérieur de l’édifice complètement encerclé par les troupes gouvernementales et la police.
Les fondamentalistes, qui occupent la mosquée, ont provoqué à plusieurs reprises le gouvernement du président Musharraf, notamment en enlevant dans la rue le mois dernier des civils chinois et pakistanais et en attaquant une bibliothèque publique pour enfants. Depuis mardi, les étudiants «talibanisés» assiégés font le coup de feu contre les forces de l’ordre.
Violence «au nom de la religion»
Mgr Saldanha a vivement condamné ceux qui commettent des actes de violence «au nom de la religion», et dit sa douleur pour les victimes et leurs familles. Il a invité le gouvernement à mettre un terme à cette situation par tous les moyens possibles, afin de «garantir que le pays soit libéré de l’extrémisme».
Les incidents sanglants ont commencé mardi matin quand la police a cherché à arrêter les étudiants des madrasas (écoles islamiques) de la Lal Masjid qui patrouillaient dans les rues de la capitale à la recherche «d’immoralités et de blasphèmes». Les jeunes étudiants ont répondu aux policiers en brandissant des armes et en ouvrant le feu sur les forces de l’ordre.
Peter Jacob, secrétaire exécutif de la Commission épiscopale «Justice et Paix», a estimé dans une interview à l’agence de presse catholique italienne AsiaNews que les affrontements à la Mosquée Rouge «démontrent qu’en ces lieux, on ne parle pas de religion, mais on instruit les jeunes à la violence. Les propriétaires de la mosquée sont deux frères, qui ont grandi sous le régime du général (islamiste, ndr) Zia-ul-Haq, et qui ont envoyé des garçons en Afghanistan pour les entraîner au jihad».
Ces fondamentalistes «sont totalement inspirés par le style de vie des talibans et ils veulent le recréer aussi ici. Ils ne s’arrêtent devant rien et l’ont déjà démontré à plus d’une occasion». Pour Peter Jacob, le fait que de tels incidents aient lieu dans la capitale du pays ne fait que rajouter au sentiment d’insécurité, en particulier au sein des minorités religieuses pakistanaises. (apic/asian/be)



